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Antoine Bouvy, 50 ans, cède Serviplus, société logistique et de réinsertion

2 juillet 2009

Antoine Bouvy, 50 ans, cède Serviplus, une entreprise particulière puisque spécialisée dans la réinsertion par le travail. 19 salariés, un CA de 530 000€ en 2008 et, surtout une mission, remettre le pied à l’étrier à des personnes en situation d’échec professionnel.

À ENTREPRISE ATYPIQUE, CÉDANT ATYPIQUE

La formation d’Antoine Bouvy ? Un DEA de littérature générale comparée qui le prédestinait à une carrière littéraire, mais les postes y sont rares et offrent peu de débouchés. Antoine Bouvy pouvait aussi opter pour un poste de professeur à l’université, mais cela impliquait un « retour au pays ». Et oui, notre cédant est d’origine syrienne (aujourd’hui naturalisé français) et pour parfaire ce portrait, sachez qu’il parle l’araméen.

  • MONTER UNE ENTREPRISE EN FAISANT DU SOCIAL ?

Serviplus s’intéresse aux personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles d’accès à l’emploi. L’entreprise a donc deux missions distinctes : satisfaire des clients et non pas les moindres (SNCF, Nestlé, Bourjois Paris du Groupe Chanel, l’Équipe, le Parisien…) tout en formant et réintégrant dans la vie active une quinzaine de personnes. Pas de philanthropie, pas de social sans économie, Serviplus fonctionne comme la vraie entreprise qu’elle est. Deux challenges donc, des clients exigeants d’un côté et, de l’autre, des salariés à qui il faut redonner le sens du travail en commençant par les éléments les plus basiques comme le respect des horaires et de la hiérarchie, la tenue vestimentaire et l’observation des règles de qualité et de sécurité.

  • SERVIPLUS CÔTÉ SOCIAL

Serviplus travaille avec de grands partenaires institutionnels comme l’état, les collectivités territoriales, les fondations d’entreprise, les communautés d’agglomération et Pôle Emploi. Les personnes qui rejoignent les effectifs de l’entreprise sont prises en charge pour une durée légale de 24 mois maximum. En fait, elles restent quinze mois en moyenne et le turn-over qui fait souvent le désespoir des entreprises classiques est, chez Serviplus, un signe de succès. Trois personnes sur quatre qui quittent l’entreprise accèdent à la vie active dans le cadre de contrat qualité, de CDI et, CDD ou missions d’intérim longue durée.

  • SERVIPLUS CÔTÉ BUSINESS

L’entreprise s’est fait une spécialité dans le conditionnement, les travaux manuels à façon et la livraison ce qui exige une solide structure logistique. Il s’agit donc de mettre des documents dans des chemises et sous enveloppe, de conditionner des gadgets allant de la clé USB aux stylos en passant par des agendas et assurer l’envoi de cadeaux d’entreprise nécessitant une attention particulière comme des bouteilles de champagne, des vases et bien d’autres cadeaux autant personnalisés que fragiles.

Serviplus assure l’envoi des plis et paquets et en assure la livraison pour ce qui concerne Paris et la région parisienne. Cette particularité nécessite un parc de dix véhicules et une équipe de coursiers.

L’image de la réinsertion n’étant pas forcément perçue de façon positive, Serviplus a misé toute sa stratégie sur le sérieux et la qualité de ses prestations en allant au-delà des attentes du client et en développant pour cela des méthodes de travail adaptées et efficaces.

  • SERVIPLUS CÔTÉ CHIFFRES

La vocation de l’entreprise lui permet de bénéficier de subventions du FSE (Fonds Social Européen), de l’état, du Conseil régional et du Conseil Général qui représentent en moyenne 170 000 € par an. Cela représente indéniablement une sécurité financière qui vient s’ajouter aux 530 000 € de Chiffre d’Affaires réalisés en 2008 et cela avec 19 salariés. Une société pérenne puisqu’elle a été créée en 1994 ce qui est un gage de solidité. Les clients sont avant tout des grands comptes ce qui garantie la fiabilité financière en termes de solvabilité.

  • LE PARCOURS DE LA LITTÉRATURE COMPARÉE À SERVI PLUS

Qui dit étudiant dit job d’étudiant et c’est le hasard des petits boulots qui a conduit Antoine Bouvy à travailler dans des entreprises de logistiques. À la fin des ses études plus question de jobs d’appoints, il a fallu trouver un vrai travail et, c’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers ce qu’il avait appris lors de ses différentes missions : la logistique. C’est donc dans une structure spécialisée dans le façonnage, le brochage et la logistique qu’il a trouvé chaussure à son pied jusqu’en 1993, année où il a perdu son emploi mais pas son temps, puisqu’en 1994 Serviplus était créée.

  • POURQUOI CRÉER UNE TELLE ENTREPRISE ?

À cinquante ans et après quinze années passées au sein de Serviplus, Antoine Bouvy nous confie qu’il craignait ne plus avoir la capacité à avoir un regard neuf sur son activité. Il tient à l’entreprise qu’il a créée, à la double mission qu’il s’était fixée (réinsertion sociale et développement commercial) et que le temps était venu de trouver un repreneur susceptible de donner un nouvel élan à la société. Et puis, on ne se refait pas, Antoine Bouvy est sensible à l’appel de ses premières passions : la recherche et l’enseignement. Son expérience acquise dans le domaine de la réinsertion et de l’économie sociale l’incite à monter une nouvelle activité dans la sphère universitaire pour mettre en avant le management de l’insertion dans l’économie sociale et solidaire.

D’ailleurs il donne déjà des cours d’ingénierie de création d’entreprise.

  • ET LA CESSION DANS TOUT CA ?

En fait, l’idée de céder Serviplus a germé dans l’esprit d’Antoine Bouvy durant l’été 2007. Après moins d’un an de réflexion, sa décision a été prise en avril 2008 et la signature s’est effectuée fin janvier 2009. Antoine Bouvy a fait le tour des partenaires qui pourraient l’accompagner dans sa démarche comme les Chambres de Commerce et c’est ainsi qu’il a découvert le site du CRA. La perspective de pouvoir diffuser son annonce à une grande échelle l’a séduit il a contacté l’Association et rencontré son tuteur Didier Bissery. Antoine Bouvy nous confie qu’il a été bien accueilli et que son interlocuteur croyait réellement à son projet. Il a d’ailleurs visité l’entreprise, s’est familiarisé avec tous ses rouages et ses particularités pour ensuite accompagner Antoine Bouvy tout au long du processus. Des repreneurs ont été présentés par divers organismes et le CRA en a également proposé. Cinquante contacts ont été établis et Antoine Bouvy a procédé à une trentaine d’entretiens. L’un des candidats plus prompt à la décision parce que réellement intéressé a été retenu.

D’autant plus que ce candidat à la reprise, expert-comptable de formation qui a consacré sa carrière au contrôle de gestion notamment dans la restauration collective avait la particularité d’être impliqué dans plusieurs associations. Un gestionnaire doublé d’une fibre sociale, c’était l’idéal pour Serviplus. Associer business et aide au retour à l’emploi demande effectivement un profil de repreneur particulier.

  • LES MODALITÉS

Antoine Bouvy n’a pas vendu son entreprise mais le fonds de commerce, au regard de la particularité de Serviplus la valorisation a été complexe à établir. Coïncidence, cédant et repreneur avaient la même banque et cela a dû faciliter les négociations afin que tout se passe bien. Le repreneur a gardé les 2 salariés permanents et a bénéficié d’un accompagnement de 3 mois à temps complet.

  • L’APRÈS CESSION

La vente du fond de commerce va permettre à Antoine Bouvy de financer pendant 3 ans, son projet de thèse : « Gouvernances et Médiations vers et dans l’emploi ». Une formation de management de l’insertion dans l’économie sociale et solidaire a été mise en place par l’Université Paris-Est. Antoine Bouvy y donne des cours pour former les repreneurs

  • LA CONCLUSION D’ANTOINE BOUVY

« Je suis persuadé qu’il faut savoir prendre la décision de céder son entreprise au bon moment. Ce n’est pas toujours une résolution facile à prendre, il faut avoir le courage de se dire que l’on a envie de passer à autre chose et éviter de laisser sa société partir à la dérive par un manque de passion ou de motivation. De plus, j’ai eu la chance de proposer Serviplus qui était (qui est encore) une entreprise en bonne santé. Il faut également savoir s’entourer de personnes impliquées et compétentes, se lancer seul dans une telle aventure est inimaginable voir irresponsable ».
Antoine.bouvy chez free.fr


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