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Côme GEORGES-PICOT, 45 ans, X Ponts, prend 50% d’OMICRON.

17 novembre 2005

Côme GEORGES-PICOT, (à droite sur la photo), 45 ans, X Ponts, prend 50% d’OMICRON. Complémentarité avec le fondateur, (à gauche sur la photo) et fort potentiel de développement le conduisent à prendre un partenariat dans une société dont la taille est très inférieure à la cible envisagée initialement.

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J’ai mené ma carrière dans des groupes fournisseurs de l’aéronautique ou de l’automobile, dont une grande partie à l’étranger, dont huit ans en Allemagne pour une filiale de Saint-Gobain fabriquant des composants électroniques. Pendant les quatre dernières années, je suis en Angleterre, comme directeur général d’une filiale d’un groupe américain, concevant et fabriquant des systèmes de régulation pour l’aéronautique.

Recherche de la cible et échec de la première négociation

De retour d’Angleterre en août 2004, ma connaissance de l’industrie aéronautique me donne la conviction que celle-ci s’est déjà fortement restructurée en aval, chez les constructeurs et les équipementiers de premier rang, mais que la supply chain reste encore très fragmentée et que de nombreuses opportunités sont possibles parmi les fournisseurs de deuxième ou troisième rang. Je me mets à la recherche d’une entreprise ayant un fort savoir-faire technologique et une capacité de prendre une position de leader au moins au niveau européen, mon but étant de développer son activité à l’international.

En tout, je rencontre huit cédants potentiels, mais dans la plupart des cas, le contenu technologique de l’entreprise ne me paraît pas suffisant pour assurer une position concurrentielle forte, dans un marché où la pression des clients sur les prix va en s’accélérant de plus en plus.

Finalement, je remets une lettre d’intention au propriétaire d’une société bordelaise fabriquant des machines de tri par vision artificielle. Cette société ne fait qu’une partie relativement faible de son chiffre d’affaires dans les domaines de l’aéronautique et de l’automobile, mais je suis attiré par sa position de leadership mondial, soutenu par une équipe d’ingénieurs très compétents et motivés. Ce projet me prendra quatre mois à temps plein, de décembre 2004 à avril 2005, où, à une semaine de la signature, le « cédant » décidera de ne plus vendre.

Je me retrouve de retour à Paris, dans mon groupe de travail du CRA, que j’avais un peu négligé, étant toute la semaine à Bordeaux. Retour à la case départ : que faire maintenant pour relancer les recherches ? C’est là, plus qu’à aucun autre moment que j’ai apprécié le travail de groupe, pour m’obliger à formaliser mon projet et la manière de le redémarrer.

La société OMICRON

Un nouvel e-mailing à une cinquantaine de sociétés de transmission me ramène rapidement plusieurs dossiers, plus ou moins intéressants. Parmi ces dossiers, une société d’ingénierie, Omicron, dont le site internet m’intrigue, car il présente un savoir-faire technologique absolument exceptionnel, même pour une entreprise qui serait dix fois plus importante. Deux bémols à l’attrait de cette entreprise :

  • Sa taille est dix fois inférieure à ce que j’envisageais comme cible : OMICRON réalise un chiffre d’affaire d’un millions d’euros avec un effectif de 6 personnes. ;
  • Le propriétaire ne souhaite pas céder.

Une explication s’impose : Omicron, créée initialement comme un bureau d’études, a travaillé pour les noms les plus prestigieux de l’automobile et de l’aéronautique, développant à cette occasion des savoir-faire dans la mesure, la vision artificielle, l’électronique dans des conditions de haute température, de vibrations, dans des milieux corrosifs, etc... avant de développer sa propre ligne de produits pour l’aéronautique. Mais lâchée récemment par son partenaire pour le développement à l’international, la société connaît des difficultés financières sur le court terme. Son fondateur cherche donc un associé qui lui apporte les fonds pour faire face aux difficultés de court terme et les compétences dans le développement des ventes à l’international, en particulier dans l’aéronautique.

Quelques conversations avec le fondateur, Eric Dutitre, qui portent autant sur nos priorités dans la vie, notre famille que sur nos objectifs professionnels et pour l’entreprise, me convainquent que nous sommes très complémentaires, que nos buts concordent, et que nous pourrons nous entendre pour travailler ensemble. Le projet sur lequel nous nous mettons d’accord est une augmentation de capital d’Omicron à mon profit, m’amenant à détenir 50% des parts, Eric Dutitre détenant les autres 50%. Nous gèrerons l’entreprise ensemble, toutes les décisions devant être prises en commun.

Par rapport à mon projet initial :

  • Omicron est une entreprise de l’aéronautique, avec un savoir-faire technologique exceptionnel ;
  • La société a un potentiel de développement à l’international très important et largement inexploité, sur un marché en forte croissance et opérant auprès des mêmes clients que ceux que j’avais en Angleterre ;
  • Du fait de la petite taille de la cible, je peux apporter moi-même les fonds nécessaires à son développement, sans faire appel ni à des banques ni à des financiers ;
  • Le schéma d’un partenariat avec Eric Dutitre m’assure de conserver dans l’entreprise le savoir-faire technique, sans lequel la société n’existe pas ;
  • Il reste que ce projet est un vrai pari sur le développement des ventes, face à des concurrents dont le principal est une association d’EADS et de General Electric (face auquel Omicron a tout de même gagné en 2004 un contrat de livraison de 8 bancs de test chez Air France).

Face à ce constat, je transgresse quelques règles essentielles de notre métier de repreneur :

  • Je rédige une lettre d’intention tout seul, que je remets à Eric Dutitre ;
  • Je fais tous les audits de l’entreprise moi-même, le comptable d’Omicron me fournissant tous les documents que je lui demande ;
  • Je rédige sans l’aide d’avocats les demandes de garantie de passif et le projet de pacte d’actionnaire.

Je dois dire à ma décharge que dans mes fonctions passées, comme directeur financier puis comme directeur général, j’ai mené plusieurs projets d’acquisitions, dont certaines d’une taille comparable à Omicron, ce qui me donne une expérience suffisante de ce qu’on peut ou ne peut pas faire.

Le pacte d’actionnaires sur lequel nous nous mettons d’accord prévoit les clauses habituelles pour la gestion de l’entreprise, les clauses de sortie, etc...., mais inclut également les objectifs que nous voulons atteindre ensemble, objectifs évidemment non contraignants, mais qui nous assurent que nous avons la même compréhension de nos rôles et des buts que nous voulons atteindre.

Conclusions à tirer.

Etant donné la spécificité du projet, en particulier le fait qu’il ne s’agisse pas vraiment d’une cession, mais plutôt d’un partenariat avec le fondateur de l’entreprise, je ne me permettrai pas de tirer la moindre conclusion générale. Cependant, deux points ont été essentiels, qui reviennent dans les commentaires de tous ceux qui ont mené une reprise :

  • l’entente avec le cédant, d’autant plus importante dans notre cas que nous devrions travailler ensemble pendant les vingt prochaines années ;
  • le coup de cœur pour la société, qui résidait pour moi essentiellement dans le contact avec les ingénieurs et techniciens de l’entreprise et l’envie de réussir sa transformation en une société reconnue non seulement pour sa technique, mais aussi comme un leader mondial sur son marché.

Je ne recommanderai évidemment à personne de mener le projet sans conseil, à moins d’une très forte expérience d’acquisition de petites entreprises avec des moyens limités.

Entre l’e-mail envoyé au cabinet de transmission qui m’a mis en contact avec Omicron et la conclusion de l’augmentation de capital, il s’est passé 2 mois et 22 jours, durée probablement record, s’expliquant par l’absence de recours à des financiers et à des banques.

Depuis le 22 août, date de l’augmentation de capital, un des principaux critères qui m’ont fait m’intéresser à l’entreprise, et difficilement vérifiable à priori, s’est vérifié à plusieurs reprises. Il s’agit de la satisfaction très élevée des clients pour les produits et le service fournis par Omicron, base indispensable pour le développement futur de l’entreprise.

www.omicron-fr.com
come.georges-picot chez omicron-fr.com



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