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D. Guermonprez prend une participation minoritaire dans BNP Personal Finance Belgium avec Apax Partners comme actionnaire majoritaire

24 janvier 2011

Damien Guermonprez, 47 ans, Mastère ESSEC+ DESS Finance + MBA Harvard, prend une participation minoritaire dans BNP Personal Finance Belgium avec Apax Partners comme actionnaire majoritaire. Il recommande aux repreneurs, anciens cadres dirigeants, de ne pas hésiter à présenter aux fonds d’investissement une liste de cibles identifiées avec une stratégie de création de valeur à la clef.

La cible

La société réalise un Produit Net bancaire de 40 millions d’euros dans le crédit à la consommation. Elle gère 300.000 clients avec des effectifs de 220 personnes basées principalement à Bruxelles. Ses fonds propres s’élèvent à 70 millions d’euros pour un encours de crédit de 500 millions d’euros.

Parcours professionnel

Cela fait 24 ans que je travaille dans les Services Financiers.
Après mon Service National en entreprise que je réalise chez 3 SUISSES Belgique, j’intègre la Direction Financière de Renault Crédit International (RCI) en 1989, en tant que Responsable Banques et Filiales.
En 1995, je prends la Direction des Services Financiers Europe de Case Corp. et je crée Case Credit Europe, que je dirige jusqu’en 1999.
Je rejoins alors le Groupe Auchan pour diriger la Division Bancaire, Banque Accord. J’ouvre dix nouveaux pays en neuf ans et la taille de la banque est multipliée par 5. Notre PBN passe de 65 à 325 M€ et les effectifs de 300 à 1600 personnes.
De 2005 à 2007, j’ai été Président du Comité Systèmes de Paiement d’EuroCommerce à Bruxelles. J’ai par ailleurs représenté le Commerce au sein du comité national SEPA en France.
Après un bref passage d’un an dans le courtage d’assurance en tant que PDG d’AON France, je suis revenu dans l’univers du paiement et du crédit en tant que Président de Lemon Way, une start-up spécialisée dans le Paiement Mobile et Membre du Conseil de Surveillance de BUT en charge de superviser la filiale bancaire Fidem, une JV avec le Cetelem.

CRA

En octobre 2009, je démarre mes recherches avec l’espoir de reprendre une entreprise en un an. Je n’ai pas suivi de formation CRA. C’est sans doute une erreur mais j’avais déjà acheté, pour le compte de la Banque Accord, quatre entreprises dont Egg France et je ne voulais plus retarder l’échéance de la reprise. Très vite, je participe à un Groupe de 10 repreneurs. Nous nous rencontrons toutes les 3 semaines pour faire le point sur nos recherches respectives. Quand l’un d’entre nous a un dossier, nous partageons nos points de vue, sans risquer de se faire souffler l’affaire. Il arrive même que certains la propose aux autres membres de l’équipe. C’est stimulant de s’imaginer relever le défi. L’expérience est très riche car je sens que cette période de recherche est cruciale pour chacun de nous.
Au-delà du Groupe CRA, j’apprécie également mon délégué CRA qui se tient régulièrement informé.

Définition de la cible

Après l’étude de nombreux dossiers, j’en regarde un très sérieusement. Je construits un business plan et je rencontre les cédants qui me placent en tête de liste pour reprendre leur société.
Pourtant, j’hésite car la société très rentable ne repose pas sur un flux d’affaires récurrent. J’interroge alors mon délégué CRA ainsi que ceux du bureau de Paris. Ils sont unanimes : le fonds de commerce ne leur semble pas assez solide. Par ailleurs, je réalise que la cible manque de leviers de développement. J’abandonne donc cette piste et je décide d’investir dans une société plus grosse, quitte à devenir minoritaire.
En tant qu’ancien DG de plusieurs sociétés de plus de 1500 collaborateurs, ma priorité était non seulement d’investir dans le secteur des Services Financiers mais aussi dans une entreprise suffisamment importante avec une certaine profondeur de management. Je me tourne alors vers les fonds d’investissement qui apprécient ce secteur d’activité. Je les rencontre à Paris et à Londres.
En mars, j’ai la chance d’être invité par Apax Partners à participer à l’étude d’un dossier qu’ils ont. Ils cherchent justement un profil similaire au mien car le DG de la société à vendre approche l’âge de la retraite.

Les négociations

Le groupe BNP Paribas doit céder la société conformément aux engagements qu’il avait pris auprès de la Commission Européenne pour réaliser l’acquisition de Fortis. Les audits confirment que l’affaire est saine. Le temps de la négociation me paraît long mais notre volonté réciproque d’aboutir nous permet de trouver un terrain d’entente sur les modalités.
Reprendre une société de crédit n’est pas simple. Au-delà de la valorisation de l’encours qui n’est pas facile, il faut que les parties se donnent suffisamment de temps pour que le repreneur soit capable à terme de gérer les systèmes d’information de façon autonome et de se refinancer à des conditions compétitives.
Je suis confiant sur le risque. Mon expérience d’une quinzaine d’années dans le crédit à la consommation me persuade qu’en Europe du Nord, le coût du risque de cette activité est arrivé à un plateau et va redescendre. Par ailleurs, Apax Partners sécurise l’activité en négociant une ligne de financement avec BNP Paribas pour les quatre prochaines années.

Les 100 premiers jours

La signature se fait le 13 octobre 2010. Dès le lendemain, je suis dans l’entreprise. Depuis, l’activité est intense et les résultats sont au rendez-vous. L’entreprise bénéficie vraiment d’une bonne image auprès des prescripteurs, les enseignes de la distribution et les concessionnaires auto qui nous restent tous fidèles.
J’ai la chance d’être accompagné par l’ancien DG devenu Président non exécutif et par les différents membres du Conseil d’administration, dont un ancien dirigeant reconnu dans le métier du crédit à la consommation et bien entendu l’équipe d’Apax Partners en charge du secteur.
Nous nous entendons vraiment bien et leur aide est précieuse.
Nous avons de bonnes surprises et travaillons beaucoup ! L’état d’esprit est très positif. La société était à vendre depuis deux ans et travaillait déjà de façon autonome par rapport au siège du Groupe. La vente était donc attendue et n’a donc pas été vécue comme une rupture. Les équipes sont motrices dans la conduite du changement.
Nous changeons de nom rapidement car nous ne pouvons pas garder la marque Cetelem. Désormais, l’entreprise a pour nom : Buy Way Personal Finance.
Notre ambition est de créer un acteur paneuropéen leader dans le domaine de la carte de crédit, en nouant de nouveaux partenariats avec les acteurs de la distribution et en lançant de nouvelles cartes innovantes sur le marché.
L’objectif est également de développer les activités de services, c’est-à-dire la gestion de cartes de crédit pour le compte d’établissements financiers qui ne possèdent pas les outils et le savoir-faire nécessaires et qui préfèrent sous-traiter auprès d’un acteur indépendant plutôt que d’un groupe financier concurrent. C’est déjà le cas avec la banque KBC au travers d’une joint venture qui progresse depuis 8 ans.

Recommandations

Je recommande aux repreneurs anciens cadres dirigeants de ne pas hésiter à présenter aux fonds d’investissement une liste de cibles identifiées avec une stratégie de création de valeur à la clef. Il faut s’armer de patience car le processus de rachat semble forcément toujours trop long.

damien.guermonprez chez buyway.be


www.buyway.be


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