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Echec d’une reprise d’une société de ravalement de façades en Picardie

22 septembre 2011

A 43 ans, ingénieur ENSAM, je reprends une entreprise de ravalement de façades et d’isolation thermique par l’extérieur en Picardie. C.A. 500 000 €, 7 salariés. La reprise d’une PME de moins de 10 salariés, dans un métier que l’on ne connaît pas peut se révéler très dangereuse.

CE TEMOIGNAGE, CONTRAIREMENT A L’ENSEMBLE DE NOS TEMOIGNAGES, EST ANONYME, POUR NE PAS INTERFERER AVEC D’EVENTUELLES ACTIONS JUDICAIRES ET POUR DES RAISONS EVIDENTES DE CONFIDENTIALITE.
Le CRA remercie particulièrement son auteur d’avoir accepté de partager son expérience avec nos adhérents.

Pendant ma carrière j’ai exercé différents postes de commercial, d’ingénieur d’affaires, et de responsable qualité principalement dans le secteur de l’automobile.
Depuis plusieurs années, j’avais le projet de reprendre une société. En 2010 j’ai pu négocier mon départ de chez mon dernier employeur.
J’ai adhéré au CRA en janvier 2010 et j’ai suivi le stage de CRA formation qui m’a permis de repositionner mes idées sur la reprise.

Recherche de la cible

Au départ je n’avais pas de cible précise car je suis ingénieur généraliste. Je savais surtout ce que je ne voulais pas faire.
J’ai regardé 6 à 7 dossiers dont une affaire de pliage et une autre dans la pose de porte fenêtre.
J’étais intéressé par l’activité bâtiment second œuvre ce qui m’a conduit a étudié l’entreprise XX spécialisée dans le ravalement de façades et l’isolation thermique par l’extérieur en Picardie.

La cible

Cette affaire, créée en décembre 2006, par un ancien assureur, a réalisé un chiffre d’affaire de 500 000 € avec un effectif de 7 salariés la dernière année. Elle dégageait des résultats convenables. J’étais en concurrence avec 2 autres repreneurs.
Le cédant, qui avait 50 ans, était pressé de vendre, car il se disait gravement malade et devait se faire opérer en septembre. Mon premier contact a eu lieu en début 2010 et j’ai finalisé la signature le mi juillet 2010.

Le montage financier

J’ai monté un LBO et présenté mon Business plan à 5 banques dont 2 étaient prêtes à me suivre. J’ai obtenu la garantie OSEO, mais j’ai du donner ma caution personnelle à hauteur de 25 % du prêt.

Le dépôt de bilan

Un an plus tard, j’ai du déposer le bilan et la liquidation de la société a été prononcée en août 2011.

Les mauvaises surprises en arrivant dans l’entreprise

- Le local appartenait au cédant. L’entreprise devait plus de 6 mois de loyer ce qui avait été provisionné. Mais la veille de la signature le cédant, entre-autres, s’est réglé les loyers de retard ce qui a amputé la trésorerie de près de 30 %.
- A mon arrivée dans l’entreprise, pas/peu d’appels entrants : et pour cause, je découvre que la réputation de la société est très mauvaise. En 12 mois de gérance, j’ai eu 24 demandes de clients mécontents dont les travaux avaient été réalisés pendant la gérance précédente.
- Le cédant, qui était un ancien assureur, était un "excellent" commercial et, arrivait à vendre les ravalements, jusqu’à 40 à 50 % au dessus des prix du marché, ce que je n’ai pas fait.
- Contrairement à ce qui était inscrit sur les documents commerciaux, la société n’avait pas la certification « Qualibat »
- Le matériel était mal entretenu
- Le personnel, n’était pas dans ma vision de la qualité et d’efficacité et, était trop payé en fixe ce qui a grevé les comptes sans pouvoir mettre de primes de motivation sur : qualité, entretien du matériel, rapidité.

Les raisons d’un échec.

Un échec est toujours douloureux à vivre, mais il peut être bénéfique si l’on analyse ses causes et si on en tire des leçons pour l’avenir.
C’est pour cette raison que j’ai accepté de témoigner pour les repreneurs CRA.


- Les premières rencontres avec le cédant, se sont déroulées dans un climat très sympathique, ce qui a sans doute eu un effet anesthésiant sur mon jugement.
- Il ne m’a accompagné que 3 semaines, car il devait se faire opérer en septembre.
- Le personnel, bien payé mais sans raison, et n’avait pas été habitué à la qualité, la tenue des chantiers ..., ce qui explique (en partie) qu’avec des marges en baisse par rapport à mon prédécesseur, cela n’ait pas tenu.
Pour les ravalements, la garantie est limitée à 2 ans dans la majeure partie des produits qui avaient été appliqués. Le cédant n’a pas souhaité répondre favorablement à des problèmes ayant dépassé le délais de garantie (mauvaise image qu’un ravalement qui ne tient pas au-delà de 2 à 3 ans) et a demandé que d’autres entament des démarches juridiques (ce que les gens hésitent à faire).

Il est indispensable d’enquêter sur la réputation de la cible. Cette société était trop récente pour que je puisse avoir des infos suffisantes sur sa notoriété. Les organisations professionnelles que j’avais contactées n’avait pas encore d’éléments suffisants pour me mettre en garde.
J’ai découvert à posteriori et à mes dépens la mauvaise réputation de la société.
- Bien vérifier les certifications de la cible.

- J’avais une bonne connaissance du marché de l’industrie et du commerce B to B.
Mais je n’avais pas d’expérience dans le domaine du bâtiment, qui est un autre monde ni dans les ventes B to C.
- La taille de l’entreprise que j’ai rachetée, (7 salariés) était trop petite pour quelqu’un qui n’était pas du métier. J’aurais été plus à l’aise avec un effectif de 20 à 30 personnes, avec un encadrement sur lequel j’aurais pu m’appuyer.
- Il faut connaître ses différences avec le cédant, et bien les analyser.

L’accumulation « des mauvaises surprises » trouvées à mon arrivée dans l’entreprise a fait que je n’ai pu redresser la barre. J’ai été contraint de déposer le bilan et la liquidation judiciaire de la société a été prononcée en août, un an après ma reprise.
Le cédant lui est maintenant en bonne santé et a créé une affaire dans la vente de locaux commerciaux.
Quant à moi j’ai perdu mon apport personnel et les 25 % du prêt pour lequel j’étais caution.
L’envie de reprendre une entreprise ne m’a pas abandonné, mais il me faudra attendre d’en avoir les moyens.
Il n’est jamais agréable de parler de ses échecs, mais je souhaite que les candidats repreneurs qui liront mon témoignage, en tirent les leçons pour ne pas se faire piéger à leur tour.

Si vous voulez des renseignements complémentaires, merci de passer par le CRA qui me transmettra.


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