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Cédants et Repreneurs d'Affaires

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Emmanuelle Bayard Myon, reprend Activlogo, fabrication et diffusion d’objets de maroquinerie publicitaires

7 octobre 2008

Emmanuelle Bayard Myon, 44 ans, ISG, reprend Activlogo, 5 salariés, fabrication et diffusion d’objets de maroquinerie publicitaires. Un cédant qui décide de ne plus céder alors que l’affaire est pratiquement conclue. Puis une entreprise désertée par ses salariés… La reprise d’entreprise peut réserver beaucoup de surprises.

44 ans aujourd’hui et un solide parcours professionnel exclusivement effectué dans l’univers de l’industrie textile et du prêt-à-porter, j’ai toujours préféré évoluer dans l’univers des PME que dans celui des grandes entreprises. Je pensais avoir plus d’autonomie et d’indépendance dans des petites structures Un signe avant-coureur du choix que je ferai un jour, celui de devenir mon propre patron. Je me nomme Emmanuelle Bayard Myon et j’ai commencé ma carrière en évoluant pendant un peu plus de 10 ans à des postes de responsable commercial et marketing dans le prêt-à-porter.

Un avant-goût de la vie de chef d’entreprise.

En 2000 je suis devenu Directeur Général d’une entreprise dédiée au négoce et à la distribution de matériel destiné aux entreprises spécialisées dans le textile et les matériaux souples., Cette affaire venait d’être reprise par un groupe de PME qui m’avait confié comme mission, le développement de cette société fondée en 1818. Tout un symbole à l’entrée dans la mythique année 2000. Je me suis mise à l’œuvre comme s’il fut s’agit de ma propre structure. Les résultats ne se firent pas attendre, tant et si bien qu’elle fut revendue 4 ans plus tard. Je l’ai donc quittée. De toute façon je ne voulais plus être salarié. J’avais attrapé un virus, celui de la reprise d’entreprise.

Reprendre une entreprise ? Quand, où, comment ?

Pour commencer mes recherches j’ai eu le réflexe internet. C’est ainsi que j’ai découvert le site du CRA. Par la suite 2 amis m’en ont dit le plus grand bien, j’ai donc adhéré sans hésitation. J’ai suivi la formation proposée, ce qui m’a permis, notamment, d’effectuer une sérieuse révision de ce que j’avais appris à l’Institut Supérieur de Gestion en matière de finance et d’analyse de bilans. J’y ai également appris à mettre en place des méthodes de recherches rigoureuses et efficaces.

Les groupes de repreneurs, un moment fort.

Quand on la tête dans le guidon, il faut savoir descendre et se regarder pédaler. C’est pour prendre ce recul nécessaire que j’ai intégré au CRA un groupe de repreneurs, la meilleure façon d’échanger, de partager ses expériences et de se sentir soutenu. D’autant plus que tous les membres de ce groupe sont restés très unis. Aujourd’hui encore, nous sommes toujours en relation.

Mes premières recherches

Je n’avais pas d’idée précise en termes de cible sinon que je souhaitais m’orienter vers le B to B et les produits de quincaillerie. Ma dernière expérience m’avait familiarisé avec les ciseaux, le matériel de travail et autres pieds-de-biche. Cependant un fond d’investissement me proposa fin 2005 une importante mission de 8 mois que j’acceptai au détriment de mes recherches. L’idée de m’associer avec eux m’effleura, mais l’appel de la reprise fut le plus fort.

Oser revoir sa copie.

Le résultat de mes premières recherches m’a convaincu que je n’avais peut-être pas assez mûri le ciblage. Cela méritait réflexion. C’est ainsi que j’ai considéré mon parcours, mon expérience, mes compétences. Ma connaissance du prêt-à-porter m’a décidé à m’orienter vers un secteur plus « créatif ».

Il n’y a pas que de bonnes surprises.

Après avoir raté de peu une première affaire reprise in extremis par un… adhérent du CRA, j’ai trouvé un dossier sur le site du CRA et tout s’est passé très vite. Le 31 janvier j’ai en main le dossier de l’expert-comptable, le 13 février suivant je rencontre la cédante avec qui le courant passe tout de suite. Je visite l’entreprise 2 jours après et j’envoie très vite ma lettre d’intention. Je suis étonnée par l’absence de réponse et j’appelle son expert-comptable au bout de 3 semaines.
Un malentendu entre conseil et actionnaires pourrait me coûter 30% de plus : les actionnaires avaient prévu un versement de dividendes assez dôdu, mais sans déduction du prix ! .J’ai cependant gardé le contact en espérant pouvoir renégocier de fait, et j’ai rencontré les 2 associés de la cédante,. Nouvelle (mauvaise) surprise, les autres actionnaires n’ont l’air nullement décidé à vendre malgré une situation qui se dégrade d’années en années. Et leurs prétentions restent identiques : fin de l’épisode.

L’affaire est dans le sac ?

Surtout ne pas baisser les bras. Retour sur internet où je déniche une maroquinerie spécialisée dans les objets promotionnels. Une entreprise qui était sur le point de fermer parce que le dirigeant avait d’autres centres d’intérêt. L’équipe était constituée du dirigeant, d’un coupeur et de 3 mécaniciennes (des salariées dont le métier et d’assembler et de piquer à la machine). Il ne restait plus grand chose de la maroquinerie florissante il y a quelques années encore. Je décidais de racheter le fond de commerce (la clientèle, le matériel largement amorti, les stocks, la marque et les emporte pièces). J’ai d’abord autofinancé l’acquisition du fonds et le BFR, la banque, après moultes discussions a financé accepté l’octroi d’un prêt . J’ai créé une SARL qui a racheté le fond de commerce. J’étais convaincue que j’arriverais à redonner à cette société son lustre d’antan. Mais… mais… Si le coupeur était partant, aucune des 2 mécaniciennes n’acceptaient de repartir dans l’aventure, malgré une augmentation de près de 15%. La 3ème mécanicienne était d’accord mais à condition qu’elle puisse bénéficier d’un emploi au 4/5ème. J’ai vu rouge, cela m’a permis de prendre ma première décision de chef d’entreprise, j’ai refusé et mis fin à la période d’essai. Du coup, je me retrouvais à la tête d’une coquille vide… Je me suis retrouvée tout à la fois repreneur et créateur d’entreprise

L’ANPE à votre service.

Le personnel qualifié dans le domaine de la maroquinerie ne court pas les rues. Heureusement l’ANPE s’est révélée un partenaire idéal et efficace, c’est ainsi que j’ai pu recruter 2 mécaniciens.
Si le CA baissait d’année en année, il semblerait que je sois sur la bonne piste pour juguler l’hémorragie. Je pensais au moment du rachat revenir sans trop de difficulté au niveau de 2006. Je devrais revoir mon business plan à la baisse ! Le temps de la récolte est plus long que prévu. J’ai démarré l’activité en mars 2008 et j’attends beaucoup de la fin d’année pour atteindre mes objectifs, les produits que nous créons connaissent naturellement un pic lors de cette période. Le fondateur ne m’a certainement moins aidée que je ne le pensais, mais on ne peut pas demander à quelqu’un qui est las de son activité et qui la cède d’avoir la même implication que celui qui la reprend. Nous avons par ailleurs d’excellents rapports et il intervient parfois sur la partie qu’il aime : le technique.

De la créativité à la réactivité.

Pour le développement de mon entreprise je sais que la créativité, l’originalité, la qualité et notre capacité à proposer des produits sur mesure en petites, moyennes et grosses quantités sont nos meilleurs atouts. C’est en cela que réside notre valeur ajoutée. Nous sommes en mesure de concevoir et proposer des prototypes dans la journée. Certes, nous sommes dans un environnement concurrentiel dense, mais notre marché est vaste : institutionnels, grands comptes dans tous les secteurs, qu’il s’agisse de services d’industrie, de tourisme, de très nombreuses entreprises sont concernées par nos produits. Le travail est long mais le plaisir d’un client satisfait fait tout oublier !
Aujourd’hui, je suis créatrice, commerciale et … femme de ménage. Il faut savoir mettre la main à la pâte. Cela dit, j’ai également recruté une autre commerciale qui m’assiste de façon vraiment efficace.

En guise de conclusion.

Je suis convaincue que, pour reprendre une entreprise, la meilleure des qualités est une sacrée dose d’inconscience.
Je conseillerai à tous les candidats repreneurs de ne pas attendre indéfiniment la perle rare. Elle n’existe certainement pas. Et puis, quelque soit le secteur recherché, il faut essayer de trouver une activité où l’on s’amuse. Je le conseille vivement parce que cela permet de supporter les moments difficiles ou délicats.
Enfin et c’est important, il faut se dire que la signature, l’acquisition n’est pas une fin en soit, c’est après que tout commence, que l’on apprend encore et encore. Apprendre à faire face, apprendre un nouveau métier, ne pas oublier que les relations avec les fournisseurs sont tout aussi importantes que celles avec les clients…

Si c’était à refaire ? Je le referai bien sûr. Peut-être serai-je plus vigilante sur certains points. Les stocks par exemple, qui ne m’ont pas réservé que de bonnes surprises. Et encore une fois, ne pas attendre trop du cédant car ce n’est pas une situation facile pour lui.
Bien définir son ciblage est également capital mais sans pour autant s’enfermer dans des schémas trop rigides. Tenez, je souhaitais trouver une entreprise dans le secteur de la créativité, mais je ne voulais absolument pas une société qui se charge de la fabrication ou qui perde de l’argent. Sur ces deux derniers points, j’ai fait tout le contraire et je ne le regrette absolument pas.

http://www.activlogo.fr/
contact chez activlogo.fr
31 rue Saint Charles
75015 Paris


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