CRA est une association nationale sans but lucratif, créée en 1985

Après avoir obtenu le BTS Matériaux souples, puis le DESIM (Diplôme d’études supérieures des industries de la mode), j ’ai débuté ma carrière en Vendée, chez Atlanco - 1 an - comme chef d’équipe de 22 personnes – fabrication de vêtement pour enfant, puis a la Maroquinerie Gérard Henon -5 ans- comme agent Méthode - responsable collection, puis responsable négoce Asie et Europe de l’Est.
En 2000, j’accepte un poste de Responsable production (Thaïlande), filiale du groupe Christian Dior : Unité de production dédiée à la marque Baby Dior. Début 2010 le Groupe prend la décision de fermer le site, car le « made in Asia » est incompatible avec le développement commercial sur cette même zone.
J’ai eu du temps pour préparer mon changement professionnel. Apres une recherche d’emploi infructueuse sur la zone Europe, je m’intéresse à la reprise d’entreprise en France.
En Janvier 2011 j’étudie un dossier de reprise, mais l’affaire n’aboutit pas.
J’adhère au CRA début 2011, et la première affaire que le CRA me présente sera la bonne.
Juin 2011 j’étudie le dossier Wolff, et rencontre le cédant peu après. J’étais en concurrence avec d’autres repreneurs potentiels.
Le CRA est un cadre idéal pour les rapprochements entre cédant et repreneur. Il invite chacune des parties à se préparer, dans un cadre structuré et organisé ce qui facilite les échanges. C’est d’ailleurs dans les « annonces affaires » du CRA que j’ai trouvé la cible. Mon parrain « CRA » de la délégation de Cholet est resté proche de moi au départ, il m’a alerté sur différents sujets. Il ne s’est pas immiscé dans les négociations.
Le guide CRA « Reprendre ou transmettre une entreprise » m’a beaucoup aidé. Sa lecture est indispensable pour le repreneur comme pour le cédant. Elle apporte la culture de la reprise, leur permet de mieux se comprendre et facilite les négociations.
Compte tenu de mon expérience professionnelle, de mes moyens et de ma motivation au métier de l’habillement, la cible devait être un façonnier avec un effectif de 30 à 50 personnes.
La recherche a duré un an, 2 dossiers étudiés
J’ai eu connaissance de la société WOLFF SAS par l’intermédiaire du CRA. C’est un façonnier haut de gamme, installé en Vendée depuis 40 ans. Elle emploie 31 personnes et réalise un chiffre d’affaire de 1,4 millions €. Son fondateur, Raymond Wolff, 64 ans, est en retraite depuis un an et demi et souhaite boucler la vente avant la fin de l’année 2011. Son plus gros client est Agnès B. Elle travaille également avec des marques de luxe françaises. Ces marques prestigieuses sont sensibles au « Made in France »
Les négociations avec le cédant ont duré 4 mois. Les principaux problèmes rencontrés étaient liés au passif social. Il est important d’être épaulé par des professionnels du domaine.
J’ai créé une holding SARL qui a acheté 100% des titres de la SAS WOLFF.
L’opération a été financée à raison de 15% par apport personnel, 55% par financement bancaire et 30% en faisant remonter la trésorerie de l’entreprise.
Le business plan est très important pour les banques et OSEO. Celui-ci ne doit pas être trop ambitieux, mais pertinent quand a la faisabilité du projet.
Il est indispensable de faire appel à des experts juridiques, sociaux, comptables et fiscaux. Ils vous apportent leurs conseils professionnels, les éléments de négociation, leur expérience dans le domaine de la transmission. Ils rédigent l’ensemble des documents juridiques liés à la transmission.
J’ai été conseillée par un expert comptable et un avocat recommandé par le CRA.
La durée de l’accompagnement initialement prévue pour 2 mois a été ramenée à un mois. Cette durée a été suffisante pour transmettre l’essentiel des dossiers.
Les bonnes surprises
Des clients qui renouvellent leur confiance et sont rassurés par mon profil professionnel.
L’équipe en place : 2 agents de maitrise compétents, fiables et sympathiques.
La mauvaise surprise
La gestion du stress et du sommeil
Une année 2011 compliquée avec un changement professionnel important, un changement de zone géographique, mais riche en découverte et motivation.
Il m’a semblé important de changer le nom de la Société. Elle s’appelle maintenant « La Ferrière Couture ».
La transmission est un processus qui prend du temps – ce temps est nécessaire pour intégrer toutes les facettes de la reprise, aussi bien techniques que psychologiques.
Je le referais sans hésiter, avec l’expérience en plus, surtout dans les domaines comptable et juridique.
Reprendre une affaire dans le textile en France pourrait paraître risqué, mais il semble qu’après une délocalisation massive, le secteur luxe renoue avec la fabrication française.
A titre personnel je n’aurais sans doute pas repris si j’avais eu une responsabilité familiale. La reprise d’une entreprise puis le rôle de chef d’entreprise exigent une grande disponibilité.