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Cédants et Repreneurs d'Affaires

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G. de Bruille reprend la sté RACLOT, caoutchouc industriel, en IDF

26 novembre 2013

Guy de Bruille, 53 ans, ingénieur électromécanicien, reprend la société Raclot, fabrication de joints et profils caoutchouc pour diverses industries. C.A de 5,5 millions €, 35 salariés. Le CRA lui a proposé cette affaire car son profil défini dans sa fiche projet correspondait aux critères mis en avant par le cédant. La reprise peut être une course d’obstacles ... qu’il faut savoir franchir. Un audit environnemental peut révéler des surprises ... quand ce n’est pas l’immobilier qui vient tout compliquer...

Entré en 1985 au service du groupe SOLVAY, j’y ai travaillé 26 ans dans la transformation des matières plastiques. L’évolution internationale de ma carrière m’a permis d’être actif dans 4 pays européens avant d’arriver en France en 2005. Des divergences de vue de plus en plus grande avec un nouvel actionnaire m’ont amené à réorienter ma carrière vers plus d’indépendance.

La reprise peut être une course d’obstacles ... qu’il faut savoir franchir

La reprise de la société : c’est d’abord le choix du cédant 

Je me suis retrouvé plongé dans une affaire familiale, qui existait depuis 3 générations.

Le cédant avait l’habitude de traiter avec des conseillers qui étaient les mêmes que son père et en qui il avait une confiance aveugle. Sauf qu’ils n’avaient pas l’habitude de faire des cessions d’entreprise.

Sûrs de leur fait, (et, peut-être pas très favorables à la cession ...), ils ont d’abord eu des prétentions irréalistes sur la valorisation avant de conseiller à leur client, le cédant, de faire l’impasse sur la Lettre d’Intention, pour aller directement au projet de Protocole d’Accord.

Et je l’ai attendu pendant des mois...
Finalement il a fallu un changement d’avocat du cédant pour pouvoir avancer !
En face de plusieurs propositions, contradictoires, le cédant a eu du mal à se décider.
Heureusement que mon profil cadrait bien avec ses exigences, et que mon offre de prix était établie sur des bases économiques sérieuses !

La structure juridique de la cible peut être un obstacle

En dehors du caractère sain de l’activité économique, il faut être très vigilant sur la structure juridique de la société cible. En effet mon cédant avait créé une Holding, par apport partiel d’actifs de sa société d’exploitation. La vérification des apports et leur incidence sur la valorisation a rajouté un niveau de complexité, consommatrice d'expertise qui a joué sur les délais de la négociation.

Un audit environnemental peut révéler des surprises ...

Pour les d’audits, mon attention avait été attirée sur la partie environnementale, compte tenu de l’ancienneté du site. A ma demande, le cédant avait bien commandé un audit auprès de l’APAVE, mais le rapport a tardé à venir et concluait...sur la nécessité de mesures complémentaires ! 

Pour débloquer la situation, j’ai fait appel, à mes frais, à un autre cabinet, qui, en 3 semaines, a réalisé des mesures complémentaires et m’a globalement rassuré sur le risque environnemental. Une GAP spécifique a néanmoins été négociée avec le cédant. Non sans mal et en frôlant plusieurs fois la rupture...

... quand ce n’est pas l’immobilier qui vient tout compliquer...

L’activité étant saine et l’entreprise ayant pignon sur rue aux yeux des banquiers, je pensais n’avoir aucun mal à motiver les banquiers. Mais la Holding de la cible détenait de l’immobilier : non seulement industriel, mais aussi un appartement situé à Paris, servant de bureau pour le service comptable.

Cela n’a pas été un problème de valorisation, mais de financement. Car l’activité industrielle se finance classiquement sur 7 ans, et l’immobilier traditionnellement sur 15 ans.

Finalement sur les 9 banques contactées, deux seulement se sont montrées suffisamment souples pour trouver une solution.

... ou OSEO.

A côté des 2 banques, j’avais très vite gagné l’intérêt d’OSEO, qui, au-delà de la garantie, me proposait un Prêt dans le cadre d’un Contrat de Développement - Transmission, soit 400 k €.

Tout semblait bien engagé pour le closing ...

Jusqu’à l’intervention des services juridiques d’OSEO, qui, pour une raison encore nébuleuse aujourd’hui, ont retiré leur offre de prêt. Il n’est resté que leur garantie.
Heureusement que mes deux banquiers ont bien réagi en comblant la différence, mais, néanmoins, en finançant également l’immobilier sur 7 ans.
Les charges de remboursement sont donc très élevées !

Le closing a pu avoir lieu en juin 2013, soit au total 15 mois après les premiers contacts !

La période d’accompagnement en cours

Elle révèle bien sûr quelques petites surprises, donnant du sel à la vie de tous les jours.

Dans cette entreprise centenaire, les procédures et procédés de fabrication reposaient sur la tradition orale et la gestion au feeling.
Il m’a fallu trancher avec les méthodes de gestion et la nature des relations humaines du prédécesseur : évitement des conflits, culture du secret...
Il faut créer la confiance, mobiliser sur des projets d’avenir, communiquer, mais aussi faire respecter les règles par tout le monde, les afficher et s’y tenir.

A une exception près, l’ensemble du personnel de l’entreprise a accepté le changement de direction et de style et semble prêt à relever les défis.

Autre point positif : l’entreprise Raclot possède un réel savoir faire technique, détient une gamme de produits qui lui est propre, avec une clientèle diversifiée d’environ 200 clients.

Le Chiffre d’Affaires s’est légèrement tassé en début d’année, mais plus pour des raisons conjoncturelles que liées à la cession. Aucun client ne semble avoir « disparu » à cause du départ du cédant.

L’apport du CRA, un rôle de médiation entre le cédant et le repreneur

Au delà de la formation Repreneurs que j’ai suivie au tout début de mon processus de recherche et qui m’a réellement donné le courage et la confiance de franchir le Rubicon, cet apport a été double :

  • d’une part, le conseil du cédant, Yann Gilbert, Expert Comptable adhérent au CRA, a permis de cibler le candidat repreneur potentiel que j’étais, parmi des dizaines de profils de repreneurs
  • d’autre part, à la demande de ce dernier, Didier Bissery, délégué CRA, est intervenu à un moment critique : celui de l’entrée en exclusivité de négociation, où il a convaincu le cédant du processus « normal » d’une transmission d’entreprise et d’une valorisation « raisonnable » de son entreprise

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