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Cédants et Repreneurs d'Affaires

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H. de Sarrazin reprend la Sté Barbin, Revêtements de Sols et Murs en Anjou.

7 janvier 2013

Hubert de Sarrazin, 50 ans, maitrise eco et gestion, reprend l'entreprise Barbin, revêtements de sols et murs à Avrillé proche de Angers. C.A. de 4,3 millions € au dernier exercice clos le 31/08/12 avec un effectif de 36 salariés. Comment reprendre une entreprise en France tout en étant expatrié en Afrique du Sud.

Un Parcours professionnel marqué par l'expatriation

J'ai démarré ma carrière chez GTM Entrepose en tant que contrôleur de gestion sur des chantiers de pipeline où je suis resté 4 ans, dont 1 an au Bengladesh en tant que responsable administratif. Je fais ensuite un court passage chez Lafarge Nouveaux Matériaux ou je ne reste que 6 mois. Erreur d'aiguillage !!!

En novembre 1992, je rejoins finalement l'activité peinture de la division chimie de Total. En 2004, Total cède cette activité peinture à un private-equity américain Bain Capital. Enfin en janvier 2008, Bain nous revend à PPG Industrie Inc numéro deux mondiale des peintures derrière Akzo Nobel. PPG couvre tous les segments de la peinture et des revêtements industriels : Peintures décoratives, industrielles, marine, automobile....

Fortement implanté à l'étranger le groupe va me permettre au cours de ces 20 dernières années, des fonctions aussi diverses et variées que : Contrôleur de gestion, auditeur interne, directeur de filiales, directeur marketing et développement en charge de fusion acquisitions et finalement directement de zone pour les activités peintures décoratives et industrielles et cela dans des pays ou endroits aussi différents que les Caraibes, la Réunion, la Chine, le Moyen Orient, l'Afrique du Nord et l'Afrique du Sud.

Une période qui sera interrompue par 2 années sabbatiques consacrées à ma passion pour la voile et à un tour de l'Atlantique fait en catamaran avec femme et enfants. Il est vrai que le retour sur la terre ferme m'a demandé un peu de temps...

Fin 2009, nous refaisons nos bagages pour Johannesburg où je prends la direction du développement de PPG pour la zone Afrique Australe et Afrique de l'Est puis la direction de toute la zone géographique, soit 13 pays. Ce nouveau cap en sera aussi le dernier au sein de PPG.

Des expériences plus enrichissantes et passionnantes les unes que les autres, mais les lourdeurs d'une énorme structure commencent à me lasser à moi qui suit avant tout un opérationnel. Aussi je décide de négocier mon départ, quitte physiquement la société en janvier 2012 et définitivement 6 mois plus tard à l'issue de l'année scolaire australe.

De nouvelles envies professionnelles

Relever un nouveau challenge et retrouver de l'autonomie devient mon nouveau moteur, aussi je démarre une recherche active d'une affaire à reprendre sur place, m'étant profondément attaché à l'Afrique du Sud. Ce pays a un fort potentiel de développement économique. Taux de croissance à 5% malgré la crise, mais une incertitude politique qui perdure quelque peu même si les blancs reviennent en Afrique du Sud.
J'adhère à un club de repreneurs de Johannesburg, mais il y a peu de retours, ou des tickets d'entrée au-dessus de mes moyens, aussi je décide de chercher simultanément en France.

Rechercher une cible depuis l'étranger

Plus compliqué mais possible : il faut suivre une méthode rigoureuse et s'y tenir, prévoir un bon budget de billets d'avion, passer des heures sur Skype pour économiser le cout des communications téléphoniques avec l'Europe et être réactif et souple.

J'ai démarré mes recherches par le web, j'y ai découvert le CRA d'ailleurs bien référencé, et j'ai rapidement adhéré à la Délégation de Tours qui s'est mise en veille pour moi. Mes critères de recherche étant, une activité industrielle ou de services située en Touraine ou à proximité de la façade atlantique.

Ma méthode : Sélectionner des cibles potentielles, prendre contact et planifier des rendez-vous avec celles-ci par l'intermédiaire du CRA ou directement avec les sections ingénierie financière des banques, en vue de mon prochain séjour en France - à raison d'un séjour de 2 à 3 semaines tous les 1,5 mois -.

Autant j'ai considéré que la formation CRA « Repreneurs » ne me concernait pas, mon métier ces 4 dernières années étant de racheter des entreprises, autant j'ai voulu m'entourer rapidement de professionnels expérimentés situés en France, pour m'aider efficacement au cours des différentes étapes du processus, dont les prises de rendez-vous et les collectes d'informations sur place.

La Cible

J'ai étudié 30 dossiers tous secteurs d'activité confondus, j'en ai approfondi 5 pour mener au final 2 négociations réelles avec des entreprises présentées par le CRA.
Une recherche qui a duré 12 mois et s'est concrétisée avec l'entreprise Barbin, pme de 36 salariés créée en 1985 par le cédant et son épouse, située à Angers et spécialiste en revêtements de sols (75% de l'activité) et peinture (25%).

Le dossier Barbin m'a rapidement convaincu même si j'ai du renoncer à mon critère géographique de départ (il faut être souple et faire des concessions), la région Touraine ou le littoral atlantique, mais ma famille m'a donné son aval.

Beaucoup d'éléments m'ont séduit : un secteur d'activité familier en tout cas pour la peinture, une notoriété reconnue, une image de qualité, un business avec une excellente rentabilité et par sur- évalué comme c'est trop souvent le cas, un potentiel de développement, une taille qui me convenait, le profil de l'équipe, mais aussi une vraie et belle rencontre avec le couple de cédants et je crois que c'est ce qui a vraiment accéléré le processus. Il est vraiment fondamental d'insister sur qualité de la relation et de la confiance qui s'installe.

Négociation et montage de l'opération

La valorisation, 3,3 fois le RBE, était correcte, il a fallu cependant réajuster la négo par une clause de distribution de dividende complémentaire car la première valo était faite sur un exercice 2010 un peu moins bon que 2011déjà connu au moment des discussions lui-même moins bon que 2012.

Nous avons signé un protocole ainsi qu'une garantie d'actif, passif classique.

Pour la recherche du financement, j'ai fait appel à un expert en négociation avec les banques. Ancien du secteur bancaire et issu du sérail, il a été d'une grande valeur ajoutée en me permettant de faire accélérer les processus de décision et d'utiliser les bonnes formulations dans mes échanges avec les banques. Il m'a été d'autant plus utile que j'étais basé à Johannesburg. Il a entre autre, présenter le projet, pris les rendez-vous lorsque j'étais en Afrique du Sud et m'a assisté pendant les négociations. Il m'a aussi aidé à négocier une garantie emprunteur.

Autres expertises dont je me suis entouré : Un cabinet comptable RBA (Tours) pour les audits et le business plan, un conseil juridique, le COGEF (Tours), connu par l'intermédiaire du CRA.

Nous avons créé une holding de reprise. Sur le montant de l'opération soit 1,4 millions €, j'ai apporté 600 K.€ de fonds propres. Pour le reste, j'ai consulté 6 banques dont 2 m'ont fait des propositions équivalentes. En fait, je pouvais pratiquement choisir à pile ou face mais j'ai retenu le CIC de l'ouest, banque historique du cédant pour des raisons de continuité.

Avec plus de 40 % de fonds propres, il n'a pas été nécessaire de faire appel à Oséo ni pour le financement, ni pour la caution. De toute façon les conditions ne me convenaient pas : Taux et différé.

Un premier rendez-vous avec le cédant en mars 2012 pour aboutir à un Closing le 31 aout dernier, les relations avec les cédants ont donc été rapides, mais aussi simples et chaleureuses.

Les « 100 » premiers jours

Il était convenu que le couple de cédants m'accompagne pendant 6 mois. Madame Barbin restant DAF (à plein temps) pendant cette période même si sa remplaçante est déjà en poste, et Monsieur Barbin pour entre autres faciliter la transition, en particulier avec les clients et tous les autres partenaires de l'entreprise.

Sur un plan humain je suis satisfait, l'équipe m'a extrêmement bien accueilli, semble motivée et est très professionnelle. La seule crainte des collaborateurs était que l'entreprise soit rachetée par un groupe.

Le bilan est positif, cependant peut être un regret, celui de ne pas avoir fait un audit plus approfondi du matériel et du stock de clôture, mais les perspectives de CA 2012/2013 sont bonnes, notamment en raison des chantiers déjà signés par le cédant avant mon arrivée.

Mon conseil aux « repreneurs expatriés »

S'entourer le plus tôt possible de bons professionnels situés sur place, venir régulièrement en France car bien sûr internet ne suffit pas, enfin investir largement dans des études de marché complémentaires en multipliant et en croisant les sources d'information (fédérations professionnelles, statistiques Insee, Xerfi etc..).

www.barbin-sols-murs.fr

h.desarrazin chez barbin-sols-murs.fr


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