MENU
Cédants et Repreneurs d'Affaires

Accueil > Actualités > Témoignages de cédants >

Henri Fétu, cède Palipasta, fabrication de pâtes italiennes.

14 juin 2010

Henri Fétu, 61 ans, cède Palipasta, fabrication de pâtes italiennes. C.A. de 500 K € pour un effectif de 5 salariés. En 20 ans il reprend et cède 2 entreprises. Il faut garder à l’esprit qu’une bonne cession ne doit être ni Austerlitz, ni Waterloo. L’opportunité doit primer sur le prix de la cession.

Henri Fétu possède une particularité, celle d’être deux fois cédant et donc celle d’avoir également été repreneur à deux reprises.
Henri Fétu est donc animé par un fort tempérament de dirigeant d’entreprise.

C’est son esprit d’indépendance, un trait déterminant chez lui, son autonomie qui l’ont placé sur sa trajectoire peu commune. Et puis, sa formation le prédisposait à assumer les responsabilités de patron.
Un cursus financier et comptable/gestion d’abord qui lui a permis, 15 ans durant, d’exercer ses compétences au sein d’une filiale d’une multinationale spécialisée dans la location de téléviseurs auprès de grandes chaînes hôtelières. Virage ensuite vers la fonction commerciale, pendant 6 ans, en tant que directeur commercial.
Comme nous l’explique Henri Fétu « J’ai eu la chance de prendre ces fonctions avec un responsable de filiale, véritable homme de terrain, un commercial né qui m’a transmis le virus ».

Du salariat à la reprise, le déclic.

Manageur, gestionnaire, commercial, les qualités requises sont réunies pour avoir l’étoffe d’un chef d’entreprise.
Et puis, l’univers des multinationales évolue dans l’achat ou la revente de leurs participations des petites filiales, l’avenir n’est pas tout à fait stable. De revirements stratégiques en restructuration, les collaborateurs deviennent vite de simples variables d’ajustement économique.
« Je me suis dit que tout cela ne me convenais pas et, que quitte à prendre des risques, autant les maîtriser moi-même » nous confie Henri Fétu.

Une première reprise, un premier succès.

Cette décision prise, Henri Fétu s’inscrit en 1986 au CREN, Club de Repreneurs d’Entreprise pour suivre une journée de formation puis adhère à cet organisme. Il bénéficiera d’informations via un bulletin mensuel.
Au cours de ses démarches, il trouvera une boulangerie industrielle située à Neuilly-sur-Marne. La négociation ne s’est pas faite avec le cédant qui souhaitait rester une année encore dans l’entreprise et qui exigeait que soit procédé au renouvellement du matériel. Cela impliquait un très gros investissement non justifié qui venait se cumuler au prix de l’acquisition.
« A l’époque, je disposait d’un capital d’un million de francs (150 K€), je pouvais assurer mon propre financement, mais à condition d’être extrêmement rigoureux ».
Henri Fétu cependant, a continué à s’intéresser au secteur de la boulangerie industrielle et commence, tout simplement à consulter les pages jaunes de l’annuaire, sélectionnant les SA ou SARL, ce qui garantissait une certaine taille et donc une fiabilité plus grande. « Mon choix s’est porté sur la région parisienne qui représente un marché important pour ce secteur d’activité, de plus, mon ancienne activité de location de téléviseur m’avait permis de bien connaître le domaine « hôtelier » clients, par définition de la boulangerie industrielle ».
C’est ainsi que Henri Fétu, par approche directe des cibles a repris une boulangerie industrielle de 15 personnes, assurant 900 K€ de CA
Point fort de cette activité : les commandes sont quotidiennes, le revers : elle nécessite une activité 7 jours sur 7 et de … 7 nuits sur 7.
Cinq ans après la reprise, j’ai du quitté les locaux appartenant à la ville de Paris. Je me suis donc installé à Ivry en créant une unité de production de 700m2, (durée des travaux 6 mois, investissement : 350 K€), le transfert s’est effectué sans interrompre l’activité.
J’ai animé cette entreprise durant 10 années, elle avait bien grandi puisque l’effectif a été multiplié par 2 (30 personnes) et le CA par 3 (2,2 M€)

Pourquoi cette première cession ?

« 10 ans après cette première reprise j’avais 52 ans, le rythme imposé par cette activité se révélait très contraignant. Je devais palier à tous problèmes jours et nuits, week-end compris. Panne sur le matériel, de véhicules de livraison, il fallait être sur place pour trouver une solution immédiate, dans cette activité on fonctionne en délai zéro ».
C’est alors, que Henri Fétu a reçu un courrier de la part d’un intermédiaire mandaté par repreneur. Il s’agissait d’un gros concurrent souhaitant « acheter » des parts de marché.
« J’ai été aussitôt intéressé par cette proposition. Après 10 ans de travail soutenu, je me suis dit que ma santé prévalait sur l’argent ».
Le compromis a été rapidement signé sous condition d’obtention du prêt bancaire pour le repreneur, après une première demande de prolongation du délai sans résultat, Henri Fétu refuse un nouveau délai et reprend sa liberté sans avoir pour autant d’autres repreneurs
Le repreneur se manifeste à nouveau 3 mois plus tard ce qui me permet d’être en position de force et de négocier un accord plus avantageux et sans conditions suspensives.

Et le personnel ?

« Le repreneur et moi-même, ne souhaitions pas que le personnel soit informé de la cession avant la signature définitive. C’est donc un mois après qu’il en fut mis au courant lors d’une réunion formelle avec le repreneur. Si j’ai respecté la volonté de discrétion du repreneur, je restais préoccupé pour l’avenir de mon ancienne équipe et j’ai œuvré afin que tout ce passe bien pour elle, même si un changement de management est toujours délicat ».

La deuxième reprise.

52 ans, ce n’est pas l’âge de raccrocher. Henri Fétu s’est intéressé à une entreprise installée à Paris, spécialisée dans la fabrication de pâtes italiennes.( ravioli, tagliatelle) « L’affaire s’annonçait bien, puisque cela me permettait de rester dans le domaine d’activité de l’agro alimentaire. Je pourrai donc utiliser mes compétences acquises. »
La reprise se fait donc en 3 mois. Il s’agissait d’une société crée depuis 10 ans qui venait de vivre une période de transition qui l’avait fragilisée :

licenciements suite au passage d’une production manuelle déficitaire avec 15 personnes à une production automatisée ne nécessitant que 7 personnes,
travaux de mises aux normes du laboratoire pour la certification européenne et investissement dans le matériel de production, coût total 300 K€ à financer
La longue période des travaux et d’installation des nouveaux équipements ont perturbé l’activité et le chiffre d’affaires a chuté de 30%, alors que les échéances de remboursement étaient à honorer.
Redresser financièrement la société en développant le chiffre d’affaires : nouveaux produits, nouveaux packaging, nouveaux clients, a été mon seul objectif.
Henri a donc 61 ans, lorsqu’il décide de devenir cédant pour la seconde fois. Il contacte donc le CRA et adhère, Dominique Boudet devient le parrain de l’entreprise..
Les repreneurs potentiels qui se manifestent sont intéressés par l’activité agro-alimentaire, cependant, le domaine de la fabrication les effraie un peu : 400 m2 de laboratoire entièrement automatisé. Après de nombreux contacts téléphoniques il rencontrera 1 patron d’un Super U et 1 trader du Crédit Lyonnais, contacts restés sans suite.

La démarche d’Henri Fétu.

« Par souci de confidentialité, je n’ai contacté que le CRA bien que les repreneurs potentiels demeuraient circonspects au regard des contraintes liées à la production.
L’expérience passée m’a poussé à contacter des entreprises concurrentes ».
Suite à un contact téléphonique un confrère est intéressé par les produits qu’il peut ajouter à son catalogue et par le complément de chiffre d’affaires.
Il réagit et décide vite. Le compromis se fera sans conditions suspensives. Henri Fétu également prend très rapidement sa décision et l’affaire sera bouclée en 3 mois. Le compromis sera signé en décembre 2006 et la vente réalisée en mai 2007.

L’expérience acquise par Henri Fétu

« Certes, il est impératif d’abord de s’assurer de la solvabilité du repreneur mais il faut garder à l’esprit qu’une bonne cession ne doit être ni Austerlitz, ni Waterloo. Toute entreprise a une valeur de marché liée à l’offre et à la demande.
L’opportunité doit primer sur le prix de la cession. De plus, il faut se décider vite. A l’approche de la retraite, nous avons une perte de motivation, il ne faut pas que l’entreprise en pâtisse. Il faut s’adapter au marché. Il est certain qu’un marché porteur permettra au cédant de faire valoir davantage ses prétentions.
Dans l’autre cas, il faut savoir se montrer raisonnable. Une bonne négociation, c’est quand les 2 parties s’en trouvent satisfaites ».

henri.fetu chez orange.fr


Voir d'autres Témoignages de cédants
Imprimer le contenu de la page
Voir d'autres
Témoignages de cédants

Latitude :

Longitude :


Haut de page