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J. Cao reprend Caravi à la barre du tribunal à Angoulême

16 mai 2012

Jérôme Cao, 46 ans, Ingénieur des Arts et Métiers, DESS gestion d’entreprises, dernier poste, directeur général de Guy Couach, reprend à la barre du tribunal la société Caravi, spécialiste du véhicule-magasin haut de gamme. « La reprise à la barre », une approche plus risquée mais qu’il ne regrette pas aujourd’hui ; en 6 mois, 3 personnes recrutées, soit un total de 16 salariés, et un CA en augmentation qui atteignait 1,6 millions d’€ fin 2011.

Parcours d’ingénieur et de manager :

J’ai débuté ma carrière en tant qu’ingénieur études, puis responsable industriel dans le secteur des périphériques graphiques et des imprimantes industrielles. Ensuite, j’ai pris en charge la direction de différents sites de production en France, une usine textile pendant 3 ans, une usine de Chaudronnerie pendant 4 ans.
Enfin, poursuite de mon expérience dans le management au sein de « Guy Couach » où j’ai assuré la fonction de Directeur Général pendant 8 ans. En 2008, le marché du nautisme et de la plaisance subit de plein fouet la crise économique, aussi je quitte l’entreprise et relance mon projet personnel de reprise d’une PMI, un projet que j’avais de longue date.

Recherche et Cible :

A partir de fin 2010, je me consacre entièrement à mon projet et adhère au CRA (Délégation de Bordeaux) sur les conseils d’un proche. J’initie ma recherche sur la base d’une cible large en termes de secteurs d’activité, hors nautisme, tout en restant concentré sur la région sud ouest. Après 3 mois de « prospection » et l’analyse approfondie d’une dizaine de dossiers, ma recherche prend un tournant nouveau, voire inattendu.

Repérage d’une société en redressement judiciaire :

Malgré ma réticence à « reprendre à la barre du tribunal », Alain Lernon, délégué CRA d’Angoulême, attire mon attention sur une entreprise qu’il connaît bien mais qui est en redressement judiciaire. Son contexte est très particulier, puisque les raisons de sa défaillance sont principalement liées à l’état de santé du cédant.

Caravi, entreprise créée en 1994 par son gérant fondateur, 13 salariés, commercialise des véhicules magasin et spéciaux destinés aux métiers de bouche, pour les tournées et marchés.
Le cédant, âgé de 56 ans, ayant été obligé de se mettre en retrait de l’entreprise, peu à peu les affaires se sont dégradées.
L’étude approfondie du dossier montre que les fondamentaux de Caravi sont sains : bonne performance du produit, existence d’un marché, équipe motivée et qualifiée. J’y vois un potentiel de développement et d’avenir, aussi j’accepte de rencontrer le gérant.

Timing serré :

En matière de reprise de sociétés en redressement judiciaire, le facteur vitesse est déterminant, aussi nous veillons à resserrer le planning.
Début janvier 2011, une première rencontre avec le cédant est organisée. Fin février, le Protocole d’Engagement réciproque est signé. Fin Mars, 2 étapes essentielles et mobilisatrices en temps et en énergie, le Plan de Continuation et le Business Plan, ce dernier, fait en partie avec le cédant, reçoit la validation de l’expert-comptable de l’entreprise.
Bien sûr, je n’ai pas eu de garantie de passif, mais je me suis installé fin février dans l’entreprise, pour faire les audits et étudier les dossiers de contentieux.
En juin 2011, je présente un plan d’apurement du passif pour l’étalement des créances et la reprise est validée.

Négociation et montage financier :

Il n’y a pas eu de véritable négociation avec le cédant. Le problème principal lors du montage financier fut de convaincre les banques, plutôt réticentes lorsqu’il s’agit de ventes à la barre. Seules les banques historiques de l’entreprise bien au fait du contexte et en capacité de se projeter dans un avenir possible pour Caravi, ont accepté de me suivre.
Un apport personnel limité, complété des prêts bancaires accordés, m’ont permis de devenir associé majoritaire, le cédant restant dans l’entreprise et au capital, avec 1/3 des parts.
Un montage financier qui a donc consisté en une prise de participation majoritaire par augmentation de capital.

Relation avec le cédant :

Pendant 5 mois, nous avons travaillé en binôme avec le cédant qui a été d’un appui important pour la partie commerciale ; aujourd’hui de nouveau éloigné de l’entreprise, celui-ci retrouvera à son retour, une fonction commerciale au sein de Caravi. Son épouse, déjà en charge des achats et des questions administratives avant la cession, est restée et conserve aujourd’hui les mêmes responsabilités.

Bonnes et mauvaises surprises des 100 premiers jours :

J’ai plutôt eu de bonnes surprises et pour commencer un accueil positif de la part d’un personnel qui, il est vrai avait été informé tôt dans le processus, ce qui l’a sans doute rassuré quant à l’avenir de l’entreprise.

Sur un plan commercial, la priorité était de relancer les commandes et une forte dynamique de développement, et donc de regagner la confiance des clients et fournisseurs. Les premiers résultats se révèlent vite encourageants avec un carnet de commande qui se remplit justifiant le recrutement de 3 personnes ; actuellement, la production se situe entre 20 et 30 véhicules par an.
Tout en maintenant l’orientation commerciale de Caravi, nous avons bien progressé au 2nd trimestre, avec un CA qui est passé de 1,4 millions d’€ fin décembre 2010 à 1,6 millions d’€ fin décembre 2011.

Apports du CRA :

Accompagnement attentif et veille constructive de la part de mon « parrain » du CRA, qui n’a pas hésité à m’alerter sur un dossier atypique, en contradiction avec mes objectifs de départ.
Bonne complémentarité entre les délégations de Bordeaux , ou j’ai adhéré, et qui avait à l’époque un excédent de repreneurs et celle d’Angoulême qui avait un excédent de cédants.
Le conseil et l’analyse de qualité qui m’ont été apportés dans ce cadre, m’ont mis en confiance pour aborder sereinement la concrétisation de mon projet de reprise.

Si c’était à refaire ?

Je referai pareil, car mes attentes ont été en grande partie satisfaites ! Et si je devais donner un conseil aux repreneurs, je leur dirai de ne pas avoir peur de reprendre une entreprise en redressement si les fondamentaux de son activité sont bons.

j.cao chez caravi.com
www.caravi.com


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