MENU
Cédants et Repreneurs d'Affaires

Accueil > Actualités > Témoignages de repreneurs >

Laurent HUTIN, 48 ans, reprend STCM, fabricant de réservoirs et silos en acier soudé de grande capacité

8 juillet 2004

LE REPRENEUR : Laurent Hutin- 48 ans-Mines de Nancy

  • 25 ans d’expérience technique au départ puis commerciale et management dans les secteurs des fluides bâtiment et industriels, de l’énergie et de l’environnement.
  • une culture familiale d’entrepreneurs dans le secteur agro-alimentaire
  • l’expérience enrichissante de création de 4 entreprises : 2 entièrement nouvelles et 2 par fusion d’entités préexistantes.

En 1999, première tentative de reprise d’entreprise malheureusement sans succès : cible trop restreinte (première transformation agro-industrielle à fort savoir-faire d’extraction de matière) et délai trop court (6 mois). J’ai donc repris début 2000 des fonctions classiques de dirigeant de filiale dans un grand groupe.

Malgré sa richesse cette dernière expérience de salariat a conforté ma détermination à franchir le cap et reprendre une entreprise, avec néanmoins 2 inflexions par rapport à la recherche précédente : élargir la cible aux secteurs « fluides » et « énergie et environnement » inscrits dans mon parcours, et disposer de plus de temps, un an minimum.

Une opportune réorganisation du groupe dans lequel je travaillais, m’a permis de négocier (un peu…) les conditions de mon départ, effectif en mai 2003.

LA CIBLE

En consultant le Centre de Formalités des Entreprises sur le site Internet de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Reims j’ai découvert l’entreprise STCM, par un lien sur le site d’un intermédiaire en cession –acquisition :

  • fondée en 1972 par 3 associés, dont 2 sont partis en retraite en 1995 et 1998
  • passée au fil du temps d’une activité de chaudronnerie généraliste à une spécialité de niche : la réalisation de réservoirs et silos en acier soudé de grande capacité.

L’entreprise se révèle correspondre aux critères que je m’étais fixés dans ma recherche : opérer dans un secteur d’activité que je connaissais déjà, pour des clientèles que je connaissais suffisamment.

De plus elle présente des spécificités intéressantes : · outre son positionnement de niche la maîtrise de procédés techniques innovants et compétitifs brevetés au niveau européen

  • une structure à forte valeur apportée : 4 personnes au Bureau d’Etudes mais seulement 6 opérationnels sur un effectif total de 11 personnes, pour un Chiffre d’Affaire supérieur à 2 ME HT

Le cédant est le dernier des fondateurs, il souhaite fortement trouver un « repreneur » afin de pérenniser l’identité et l’autonomie de l’entreprise.

LE DEROULEMENT DE LA REPRISE :

Les contacts ont été rapides et fructueux, débouchant en juin 2003 sur une lettre d’intention et l’ouverture des négociations elles-mêmes, pour lesquelles j’étais assisté d’un avocat et d’un expert-comptable. La présence d’un conseil juridique pour la relation et la négociation me semble hautement bénéfique, non seulement comme « garde-fou » juridique, mais aussi comme relais de discussion, pour énoncer au cédant des vérités désagréables sans affecter les relations, ou pour avancer des propositions sans commettre le repreneur. Il importe à mon sens de privilégier dans le choix du juriste les qualités de négociateur sur la technicité juridique.

Dans ce cadre les négociations sont, terminées à 99% fin juillet 2003. Je me heurte alors à un obstacle inattendu, le travail de « deuil » du cédant. Si celui-ci n’est jamais revenu sur sa décision de vente, l’imminence de la réalisation de la cession a créé alors pour lui un choc révélateur d’une préparation psychologique, si ce n’est affective, incomplète.

Après 2 ou 3 réunions butant sur des points de détails dont certains semblaient antérieurement acquis, j’ai décidé de partir 3 semaines en vacances. C’est là que le conseil du vendeur a fait apprécier son intérêt : 3 jours après mon départ, je recevais un texte acceptable par les 2 parties, et nous avons signé l’accord préliminaire le 11 septembre 2003.

Vient alors la phase, classique mais stressante, des audits et des diligences et obligations réciproques : arrêté des comptes de moins de 3 mois pour le vendeur, et montage du financement pour l’acquéreur. Mon expérience personnelle m’a sensibilisé aux aspects suivants :

  • il n’y a pas que les anoraks et les crèmes glacées dont la vente soit sujette à la saisonnalité si ce n’est au climat ; pour cette raison un arrêté des comptes intermédiaire peut ne pas être comparable aux arrêtés annuels, ce qui peut pénaliser l’une ou l’autre des parties
  • ne pas croire que les banques ou organismes financiers soient des « machines » standardisées. D’une façon qui peut sembler rassurante, mais qui déroute et présente un risque, leur approche est très dépendante des interlocuteurs ; de plus, leur comportement à l’égard du repreneur m’a semblé très contraint par l’implication qui était laissée à mon interlocuteur dans la prise de décision, allant de la quasi-autonomie à la non-participation complète. Dans ce deuxième cas la frustration du repreneur n’a d’égal que celle de son interlocuteur…

Bien que n’ayant pas suivi la formation du CRA, celui-ci m’a néanmoins été très utile par divers aspects :

  • le consultant du CRA avec lequel je travaillais m’a aidé à l’analyse de la cible ;
  • sa connaissance des milieux économiques de la région m’a permis de bénéficier d’informations de contexte précieuses.

Par ailleurs, STCM exerçant une activité de niche auprès de clientèles limitées, j’ai bénéficié avec beaucoup de profit du diagnostic de la cible que le CRA prenait en charge à 80% avec l’aide de la Région Champagne-Ardenne. Celui-ci, réalisé par la SODIE, portait sur la viabilité économique mais aussi et surtout sur les atouts et compétences techniques de la société. Il a été pour moi d’un grand secours vis-à-vis des banques par son aspect « expertise de tiers indépendant ».

APRES LA REPRISE

Finalement la cession s’est opérée le 19 décembre 2003. Depuis maintenant bientôt 6 mois je suis l’heureux dirigeant de STCM. Je continue à bénéficier des précieux conseils et du concours du cédant, dans le cadre d’un contrat d’assistance qui offre un statut que je trouve bien adapté à la situation et qui permet vis-à-vis des tiers clients et fournisseurs comme vis-à-vis du personnel une transition réelle mais souple.

Paradoxalement mes plus grands soucis ne viennent pas du commercial ou du management des hommes par exemple, mais des aspects qu’ « un cadre dirigeant » de groupe considère comme mineurs, si ce n’est sans intérêt :

  • la trésorerie, largement aussi importante que le compte d’exploitation pour une PME
  • le quotidien administratif : déclaration de TVA, cotisation sociales,….. Ces « soucis » restent néanmoins très mineurs face à la satisfaction d’avoir pu mener à bien cette évolution, et à celle que procure l’autonomie de l’activité professionnelle.
Pour aller plus loin http://www.stcm-ctis.com

Voir d'autres Témoignages de repreneurs
Imprimer le contenu de la page
Voir d'autres
Témoignages de repreneurs

Latitude :

Longitude :


Haut de page