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Cédants et Repreneurs d'Affaires

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Michel Dupuis, 60 ans, céde sa Sté de menuiserie alu à J. Cherrier

21 avril 2009

Michel Dupuis, 60 ans, céde sa Sté de menuiserie alu, CA de 2,7 millions € avec un effectif de 17 personnes. "J’ai pris la décision de vendre mon entreprise à 55 ans. Cinq ans m’ont été nécessaires pour préparer mon entreprise, tant sur le plan technique, commercial que comptable. Cela facilite les négociations ultérieures et met le futur repreneur en confiance.

Pourquoi ai-je décidé de céder mon entreprise ? Par choix personnel, depuis longtemps je voulais cesser toutes activités professionnelles à 60 ans. Aucun de mes enfants n’était intéressé, il est vrai qu’ils se sont engagés dans des parcours totalement différents du mien.

IL EST PRIMORDIAL DE BIEN PRÉPARER LA CESSION.

J’ai pris la décision de rechercher un repreneur dès mes 55 ans. Mais auparavant il a été nécessaire de procéder à un grand « nettoyage ». Mon successeur ne sera pas forcément issu du bâtiment, j’ai donc commencé à raisonner en termes d’organisation en mettant les bonnes personnes aux bons postes.

Dans mon esprit, il était impératif que mon entreprise se vende sans moi, de ce fait je me devais de la rendre attractive. De plus, il me semblait qu’il n’était pas bon que j’en demeure le pivot essentiel, j’ai donc pris mes distances par rapport à l’entreprise et aux clients. C’est pour cela que j’ai recruté un chargé d’affaire dont les compétences lui permettaient de prendre en charge un dossier du premier contact client à l’élaboration du devis.

Cette démarche m’a pris 2 à 3 ans environ aux termes desquels je me suis sentis prêt à vendre.

À LA RECHERCHE D’UN REPRENEUR

J’ai parlé de mon projet à mon expert-comptable, espérant que parmi ses clients se trouverait un repreneur potentiel, j’ai également contacté la Chambre de Commerce ainsi que la Fédération du Bâtiment, c’est là que l’on m’a conseillé d’entrer en relation avec le CRA. J’ai rencontré une vingtaine de candidats en tout. Si j’ai bonne mémoire 2 d’entre eux m’étaient adressés par la Chambre de Commerce, 2 autres par des confrères, 2 encore par la Fédération du Bâtiment et 10 m’ont été présentés par le CRA.

Faisant partie du réseau Technal qui compte 120 « Aluminiers », je pensais qu’un confrère serait intéressé dans le but de s’implanter en Charente. Je suis d’ailleurs surpris que Technal ne dispose pas d’un réseau interne afin de palier les départs de ses adhérents. Ils m’ont néanmoins présenté une personne, mais leur démarche a été trop tardive, j‘étais déjà en pourparler avec celui qui deviendra mon repreneur. Cela dit, je demeurais de toute façon sceptique à l’idée de céder ma société à un confrère, craignant qu’il ne prenne la clientèle et ferme tout simplement l’entreprise.

LE CRA ET MOI

Ma première rencontre avec le CA remonte au début de l’année 2007. Nous avons commencé par faire un tour de table. En fait, je n’étais pas tellement mûr pour la cession et je rencontrais des repreneurs bien trop pressés. Je n’avais pas réellement le temps de la réflexion. D’autres, au contraire, disparaissaient dans la nature après quelques entretiens. De plus, je n’avais pas ébauché le portrait robot du repreneur idéal. Les seules choses qui m’importaient c’étaient qu’il ait la tête sur les épaules, une bonne et solide formation et, bien sûr les moyens financiers à la hauteur de ses ambitions. J’ai rencontré mon repreneur, Julien Cherrier à la mi 2007.

LA PREPARATION DE LA CESSION

D’une certaine façon, j’avais bien anticipé la préparation de la cession sur le plan organisationnel. J’ai réuni les pièces attestant de la conformité du matériel. Bien sûr, je devais me préoccuper de la valorisation, Je me suis adressé à 3 experts qui, chacun, utilisait des méthodes différentes, l’un à l’ancienne, le second à l’aide de logiciel spécialisé et le troisième qui mixait les 2 méthodes. Les 3 cabinets sont parvenus à des résultats évoluant dans la même fourchette de prix. Les estimations tenaient compte de plusieurs critères comme les fonds propres, la valeur du matériel, l’emplacement, la notoriété et la clientèle. Je n’ai pas gonflé le prix en me disant que, lors des négociations, le repreneur chercherait à faire baisser mes prétentions ce qui d’ailleurs n’a pas été le cas. De toute façon, je n’étais pas prêt à revenir sur le prix.

Par la suite, je me suis attaché les services d’un avocat d’affaire pour suivre la négociation et les tractations qui s’inscrivent dans un dédale de règles compliquées. Je n’ai pas prévenu mes salariés de ma démarche. Je ne voulais pas éveiller les tensions et les bruits de couloir, je m’étais décidé à annoncer la vente seulement après la signature.

LE CHOIX DU REPRENEUR

Pourquoi avoir choisi Julien Cherrier plutôt qu’un autre ? Je l’ai tout d’abord jugé très pro, très impliqué, déterminé et responsable, des qualités qui en faisaient à mes yeux un bon chef d’entreprise. Et puis, c’est vrai, le courant passait très bien entre nous, ce qui est indispensable pour faire connaissance et mener à bien des négociations. Et puis j’appréciais son côté humble, il ne se comportait jamais comme en terrain conquit. Quand il parlait de sa vision de l’avenir, il ne remettait pas tout en question, ne voulait pas tout casser. De plus, et ce n’est pas négligeable, il disposait des capacités financières nécessaires à l’opération. Je me suis donc jeté à l’eau.

LE JOUR OU LE REPRENEUR POTENTIEL DEVIENT MON SUCCESSEUR

Le jour où mon successeur est arrivé, j’avais 59 ans et demi, moi qui comptais ne partir qu’à 60 ans et cela afin d’avoir le compte des annuités nécessaires à la liquidation de ma retraite. Mais il est vrai que mon repreneur ne pouvait pas rester sans travailler. Et puis, ce n’étais pas à moi d’imposer des délais, Julien Cherrier souhaitait conclure au mois de septembre. J’escomptais de lui proposer un accompagnement de 6 mois, mais mon repreneur tablait sur une période de 3 mois. J’en fus un peu dépité compte tenu de mes trois trimestres manquant pour liquider ma retraite. De fait, je pense que Julien Cherrier avait raison, il n’est pas bon qu’une entreprise ait 2 patrons. Il se devait de la marquer au plus vite de son empreinte. Et puis mieux vaut bien vendre son entreprise, assurer une bonne passation, sans vouloir gagner sur tous les tableaux.

LA CESSION, UNE EXPÉRIENCE UNIQUE

Sans vouloir être donneur de conseils, je pense effectivement que chaque cession est un cas particulier, j’aimerais vous faire part de suggestions, d’idées que je me suis forgées tout au long de ma démarche.

D’abord, même si cela semble une évidence, il faut absolument que le cédant soit réellement décidé à vendre, à passer la main, à se faire à l’idée qu’il confie son entreprise à un autre. De même pour le repreneur, il doit absolument se mettre dans la peau du chef d’entreprise qu’il s’apprête à être.

Il est impératif de préparer son entreprise à la vente. Même si vous savez que vous préparez à la quitter, vous devez la réorganiser s’il le faut tant sur le plan technique que commercial et comptable. Cela facilite les négociations ultérieures et met le futur repreneur en confiance. Enfin, je me suis employé à aider mon successeur à s’imposer dans l’entreprise, gage de sa pérennité.

MA NOUVELLE VIE

Je n’ai pas encore de projet bien défini. Vais-je garder une activité professionnelle ?
Peut-être un rôle de consultant, un ou deux jours par semaine. Mais il faut se dire une chose : on ne peut pas être et avoir été ! Servir de faire valoir dans un monde professionnel qui change, cela ne m’intéresse pas.
Dans l’immédiat, je fais beaucoup de sport, tennis, golf (j’espère améliorer mon handicap), et je me suis remis au piano… que j’avais arrêté à l’âge de 12 ans.
Je me laisse le temps de la réflexion.

Lire le témoignage du repreneur


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