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P. Mortoire cède Dalsouple, conception et fabrication de revêtement de sol en caoutchouc.

16 novembre 2009

Pierre Mortoire, 57 ans, cède Dalsouple, conception et fabrication de revêtement de sol en caoutchouc. 4,5 M€ de C.A et 45 salariés. Un actionnariat divisé, la volonté du cédant de préserver la pérennité de l’entreprise n’ont pas empêché cette société Saumuroise de trouver un repreneur, en pleine crise financière mondiale.

Dalsouple, une entreprise innovante… Depuis 1945.

Dalsouple est une entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de revêtement de sol en dalle, plaques, nez de marche et marches intégrales en caoutchouc. L’entreprise, installée à Saumur, réalise 80% de ses ventes à l’export.
L’étendue de la gamme est sans limites, qu’il s’agisse des coloris ou des structures des surfaces (lisses, reliefs gamma, microreliefs). Enfin, les matériaux sont certifiés « usage intensif » grâce à une résistance mécanique et chimique exceptionnelle qui la protège même des brûlures de cigarette.

Un positionnement unique sur son marché

Bien sûr, Dalsouple évolue sur un marché concurrentiel. Mais les quelques acteurs qui y évoluent sont dans une logique industrielle qui ne leur permet pas de faire du sur mesure. Si Dalsouple peut proposer des modèles uniques même pour quelques mètres carrés, ses concurrents proposent, notamment en termes de teintes, une gamme figée sur catalogue et impliquant des volumes de commande minimum. Elle compte parmi ses clients des noms prestigieux comme le Musée d’art moderne de New York ou l’architecte Jean Nouvel.

Dalsouple est avant tout un artisan créateur qui a su industrialiser son process.

Dalsouple, une entreprise familiale avec ses qualités et ses défauts…

C’est mon père qui a créé cette entreprise il y a soixante ans. Un autodidacte de génie. Il avait des semelles de chaussure en caoutchouc inusable. Il a eu l’idée de faire des revêtements de sol dans cette matière, puis il a mis au point des procédés uniques au monde pour teindre ces dalles dans toutes les couleurs, faire des marbrages, des incrustations etc. L’entreprise possède donc une solide tradition familiale. Quant à moi, un doctorat de chimie en poche, j’évoluais loin de l’entreprise, occupant un poste de chercheur et de professeur et pratiquant le tennis à haut niveau. Cela jusqu’en 1978, année où mon père m’a demandé de le rejoindre. Une date clé encore : 2000, celle où mon frère, travaillant également chez Dalsouple s’est fâché avec mon père. C’est ainsi que je suis devenu Président-Directeur Général de notre société familiale qui comptait 4 actionnaires, mes 4 frères et sœurs.

Lors du décès de mon père, les actionnaires ont souhaité vendre l’entreprise, mais les motivations divergeaient (ah, la famille !). Ils souhaitaient céder pour réaliser une opération financière tandis que moi je demeurais préoccupé par l’avenir de l’entreprise et ses 45 salariés.

Une position délicate.

Dans ces conditions, il est difficile de prendre du recul. Je ne cédais pas mon entreprise mais celle de mes frères et sœurs. Je me suis donc retiré de mon poste de P-DG afin de ne pas paraître comme l’unique maître d’œuvre de la cession. Mon souci malgré tout était de trouver un repreneur réellement capable de pérenniser l’entreprise.

Un accompagnement à la reprise, une nécessité.

J’ai entendu parler du CRA sur l’antenne de RCF (Radios Chrétiennes Francophones). J’ai donc rencontré les délégués de Cholet qui m’ont réservé un accueil à la fois agréable et attentif. Ils m’ont accompagné et conseillé m’aiguillant sur différents points comme la valorisation de l’entreprise et le choix d’experts. Pour cet aspect-là, ce fut vite réglé puisque j’ai fait appel à mon beau-frère, expert-comptable. Par la suite, ils se sont montrés efficaces et proches. Ils m’ont soumis une dizaine de dossiers de candidats à la reprise. La sélection du « finaliste » a nécessité plusieurs réunions de travail. Je ciblais un candidat réellement motivé qui, de plus, aurait une formation d’ingénieur. Il faut également tenir compte du fait que je n’étais pas autonome dans mon choix dans la mesure ou mes frères et sœurs avaient leur mot à dire. Cela dit, ce ne fut pas un frein. Nous avions, concernant le montant de la cession une fourchette en tête et le repreneur avec lequel j’avais le plus d’affinité nous avait fait une proposition qui s’y inscrivait parfaitement. Puisque tout le monde était d’accord sur la question financière, j’ai eu les mains libres pour entamer les négociations.

Un solide dossier, de solides motivations.

Lorsque j’ai rencontré Monsieur Le Saec, mon repreneur, j’ai tout de suite été séduit par sa formation (Ingénieur en mécanique et matériaux avancés ainsi qu’un master spécialisé en stratégie d’entreprise et finances) qui lui permettait tout à la fois d’évoluer sur le plan technique, celui du management et de la conduite de l’entreprise.

Mais la formation ne fait pas tout. Sa détermination, sa volonté de pérenniser l’entreprise ses affinités avec nos produits étaient remarquables. C’est vraiment cela qui l’a distingué de tous les autres candidats. De plus, il avait élaboré un dossier financier extrêmement solide et rigoureux. Cela nous a permis de mener rondement toutes les démarches que représente la cession. L’affaire a été conclu en 6 mois.

De retour à l’usine…

Une fois l’affaire conclue (en juillet 2009), je suis retourné m’asseoir à mon fauteuil. En effet à la demande de monsieur Le Saec, je l’accompagne jusqu’à la fin de l’année et je pourrai enfin goûter aux joies de la retraite. À 57 ans et plus de 30 ans consacrés à Dalsouple, 30 années durant lesquelles vacances et week-end n’avaient pas une grande signification pour moi. Ce fut une période pendant laquelle je n’ai pas toujours eu le temps de m’occuper de mes enfants et petits enfants comme je l’aurais souhaité. J’aspire désormais à m’investir totalement dans mes activités associatives dont Emmaüs et le Secours Catholique.

Pour conclure :

Je pense que la cession de notre entreprise familiale a été une expérience enrichissante. J’ai appris, notamment que c’est le vendeur qui choisi son client. Au-delà de la formation et du potentiel financier du repreneur il faut réellement prendre en compte la personnalité du candidat et sa dimension humaine. Ce n’est pas parce qu’on cède son entreprise que l’on doit s’en désintéresser. Il faut donc miser sur de fortes affinités entre le cédant et le repreneur sur de réelles convergences pour ce qui concerne la vision à long terme afin, et c’est capital pour moi, que les 45 salariés qui ont également fait cette entreprise puissent eux aussi, envisager l’avenir sereinement.

www.dalsouple.fr

Lire le témoignage de P. Lesaec repreneur de Dalsouple


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