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Patrick Neyroud reprend la société Hydrotech

22 janvier 2008

Patrick Neyroud, 49 ans, ing. Centrale Paris, reprend la société Hydrotech (fabrication et réparation de vérins spéciaux), 37 employés pour un CA frôlant les 4 M€. Un différend avec le cédant sur la valorisation de la cible a pu être réglé en proposant à ce dernier de participer à la holding de reprise.

49 ans, marié, 3 enfants, j’ai fait toute ma carrière dans l’informatique. Recruté pour développer une nouvelle activité dans un groupe filiale du Crédit Agricole, j’y ai ensuite fait une carrière de management, jusqu’à être pendant 9 ans, Directeur Général de la filiale d’ingénierie bancaire. Fin 2003, cette filiale de 500 personnes a été vendue à Sopragroup. Divers postes occupés depuis ont finit par me convaincre début 2007 de tenter l’aventure d’une reprise pour retrouver le plaisir que j’avais eu à diriger une PME.

Définition de la cibleMon expérience du secteur informatique me fait dire qu’une PME de ce secteur ne peux que disparaître ou être vendu à un acteur plus gros. L’opération « achat => développement => revente » ne correspondant pas à mes aspirations, je me suis orienté vers d’autres secteurs. Ingénieur du genre « à démonter les aspirateurs » j’ai cherché une entreprise ou mon sens technique pouvait être un plus. La liste des codes APE que j’ai ciblé faisait une longue page. Je la voulais d’une certaine taille, car c’est dans l’organisation et le management que je prends du plaisir (Au moins 20 salariés). Une entreprise avec un potentiel de développement bien sur !
La valeur de la cible n’était pas un facteur déterminant pour moi, la seule limite était que je voulais rester majoritaire. Restait à définir le secteur géographique, ce qui n’a pas été le moins contraignant car je souhaitais trouver une entreprise à une distance raisonnable de chez moi.

Durée totale de ma rechercheInscription au CRA et début de la recherche en février, premiers contacts en avril, première rencontre structurée avec Hydrotech en juin, accord fin août, signature du protocole ( et fin de la négociation donc ) début octobre, transfert des parts début décembre. Le délégué local du CRA a bien compris mon projet et m’a rapidement orienté vers cette entreprise pour laquelle j’ai rapidement flashé. 3 dossiers étudiés au total, 1 par le CRA et 2 par d’autres circuits de mise en relation.

Présentation de la société repriseHydrotech Provence conçoit, fabrique et répare des vérins hydrauliques. Son savoir-faire s’exprime dans la réalisation de vérins de grandes dimensions à l’unité ou en petite série : "la Haute Couture du Vérin !".
Dans un marché porteur, où le nombre d’acteurs est très restreint, la réputation de l’entreprise est un facteur déterminant pour les clients.
En développement régulier depuis 20 ans, menant une politique de qualité, Hydrotech Provence se développe dans un environnement industriel toujours plus exigeant en termes de précision et de fiabilité.
37 personnes, un Directeur commercial, 2 technico-commerciaux et une production structurée.

Les négociations avec le cédantBien que relativement rapide au regard des expériences de mes contacts, j’ai trouvé la phase de négociation assez longue. Le cédant, qui avait déjà baissé ses prétentions par rapport à une première valorisation, ne voulait pas accepter une offre plus basse, et je ne voulais pas dépasser le plafond que je m’étais fixé pour l’entreprise, aux vues du business plan bâti. Le « bouclage » s’est fait en lui proposant de participer à holding de reprise, et donc d’avoir un « bonus » intéressant à l’issue du remboursement de la dette senior.
Nous avions l’un et l’autre des conseils. Pratique pour garder la tête froide et avoir un interlocuteur professionnel avec qui échanger, mais les phases critiques se sont passées « d’homme à homme ». En effet, la lourdeur des intermédiaires ne permet pas la vraie « confrontation ».
Partie non négligeable de la négociation : les 2 manageurs principaux, avaient envisagé une reprise mais manquaient de fonds. Ce « plus » intéressant pour moi qui n’étais pas « de la partie », a nécessité séduction, tact et conviction, pour les entraîner avec moi dans l’aventure.

Le financement de la repriseUn peu plus d’1 M€ à financer, 8 banques consultées, 2 retenues. Un montage classique avec holding, 4 actionnaires (moi, le vendeur, les 2 manageurs) et une dette senior à rembourser sur 7 ans.
Un business plan travaillé sur la forme avec un conseil et sur le fond avec les 2 manageurs repreneurs. Pour les sous, j’ai une philosophie : « prendre un maximum d’avis et de conseil, mais ne jamais oublier que les conseilleurs ne sont pas les payeurs ! Il faut maîtriser son sujet ! » Un business plan détaillé sur 3 ans, avec reconstitution des marges brutes faites avec les manageurs de l’entreprise.

Conseils, experts et réseau relationnelLe plus important : ne pas rester seul ! Ma carrière professionnelle s’étant déroulée loin de mon domicile actuel, je manquais de relations personnelles locales. Aussi me suis-je appliqué à créer de toute pièce un réseau de relations pour ma recherche : intermédiaires, administrations, banques, financiers, avocats, experts comptables, etc... Ma recherche s’étendait sur trois régions : Rhône-Alpes, Languedoc Roussillon et Provence Côte d’Azur, ce qui m’a obligé à multiplier les contacts. Ceci m’a permis d’identifier des contacts « intéressants », sur lesquels je me suis appuyé pour échanger et pour sélectionner les experts « ad-hoc », sachant qu’avocat et Expert comptable, sont les 2 professionnels incontournables pour bien verrouiller un dossier.

Commentaires personnelsJe ne crois pas qu’il existe LA méthode pour reprendre une entreprise. Chaque situation personnelle étant unique et chacun ayant ses propres critères pour une cible d’entreprise, il y a certainement de multiples façons de faire. Je donnerai néanmoins 3 conseils :
1 - Savoir ce que l’on veut faire ! (Se donner une cible !).
2 – Se donner les moyens de réussir :

  • Compétence technique à acquérir (la formation CRA par exemple...)
  • Y consacrer du temps ! (On ne peut pas faire ça en dilettante !)

3 – S’appuyer sur un réseau relationnel (réseau existant et réseau à créer auprès des acteurs dans la reprise)
p.neyroud chez hydrotech.fr
www.Hydrotech.fr


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