Nombre de repreneurs se demandent s’il est temps de réactiver leur projet de reprise pour 2010.
Depuis plus d’un an, repreneurs et investisseurs ont mis en stand-by leurs projets, considérant que le niveau de risque se révélait trop élevé pour envisager sereinement un investissement. Peut-on considérer aujourd’hui que le niveau de risque est redescendu à un niveau acceptable pour réussir une telle opération en 2010 ? Peut-on se fier à la reprise boursière touchant les actions cotées pour considérer que les PME aux actions non cotées vont bénéficier d’une remontée de leur valeur ?
Selon nous, l’année 2010 marquera le retour des opérations de reprise de PME, les risques inhérents aux opérations de reprise redescendant à un niveau acceptable et la valeur des PME remontant progressivement. Cependant pour les repreneurs la donne a changé avec une évolution des modalités de reprise par rapport à la période « avant-crise » :
- Des repreneurs plus professionnels : beaucoup de reprises d’entreprises aboutissent à un échec par manque de préparation. Alors que l’on pourrait penser que le premier frein à la reprise d’une entreprise est le manque de capitaux personnels, c’est en réalité l’opacité sur la démarche et le manque de savoir faire qui constituent les principaux facteurs d’échec. Ainsi il n’est pas étonnant que le marché de la formation à la reprise d’entreprise soit florissant, à l’image de celle du CRA qui est sans doute la plus complète du marché.
- Des repreneurs bien accompagnés : cédants, banquiers, partenaires financiers et intermédiaires sont unanimes pour constater que le taux de réussite des opérations de reprise augmente considérablement lorsque le repreneur est accompagné par un professionnel de la levée de fonds (conseil financier ou expert-comptable ayant de l’expérience dans la matière) ainsi qu’un avocat spécialisé (attention à ne pas prendre un généraliste !). Les accompagnateurs spécialisés vont permettre de :
- réduire les principaux écueils de la reprise (cahier des charges de reprise inadapté aux capacités techniques et financières du repreneur, méconnaissance des montages financiers et juridiques possibles,…) d’où un gain de temps et d’argent.
- faciliter le financement, en présentant un dossier de financement complet et répondant aux normes bancaires. Le fait que ce dossier soit présenté par un spécialiste déjà connu dans le monde bancaire est également un atout.
- faciliter les négociations en évitant de positionner le repreneur en 1ère ligne, ce qui préservera ses relations avec les cédants.
- Des repreneurs moins individuels : aujourd’hui plus qu’avant les investisseurs et banquiers accordent (et à notre avis à raison) de l’importance à l’appréciation des hommes en charge du projet. Un repreneur individuel doit être un excellent généraliste et posséder des compétences à la fois commerciales, techniques, financières et s’il tel n’est pas le cas, il devra accepter de partager le capital avec des partenaires techniques ou intégrer des compétences salariées. Il en est de même au niveau financier : l’un des changements majeurs de la crise est l’arrivée d’investisseurs privés et institutionnels en plus grand nombre sur le marché de la reprise. Un dossier mieux structuré au niveau fonds propres idéalement supérieur à 30% facilite le financement bancaire.
Fabrice LANGE - Directeur Général Actoria Conseil - expert CRA
fabrice.lange@actoria.fr