A la différence du capital-risque, le capital investissement n’est pas réservé aux entreprises innovantes et certains acteurs du capital investissement sont actifs dans les domaines de l’économie traditionnelle. Pour des repreneurs ou des chefs d’entreprise qui recherchent des financements, solliciter les investisseurs en capital peut constituer une alternative aux banques qui offrent des solutions de financement classiques mais n’aiment pas prendre de risque.

Cette solution offre l’avantage de bénéficier d’un regard neuf sur l’entreprise ou sur le projet de reprise et de rompre la solitude du dirigeant actionnaire tout en préservant sa marge de manœuvre puisque les investisseurs ne prennent en principe que des participations minoritaires de l’ordre de 10 à 30%.

Avant de les solliciter, il est indispensable de soigner l’analyse préalable du projet d’entreprise pour que le discours soit clair en sachant mettre en valeur les points forts (positionnement sur le marché et état général de ce marché par exemple) tout en n’occultant pas les faiblesses (trésorerie difficile pour une cause identifiée mais conjoncturelle par exemple). Il faut avoir en tête que les investisseurs s’intéressent aux potentialités d’une entreprise et de son dirigeant. Leur objectif essentiel est d’avoir une rentabilité accrue ce qui a pour effet qu’ils n’entrent souvent au capital que pour une période de temps limitée de quelques années. La présentation du projet doit donc impérativement en tenir compte.

Par ailleurs, les fonds versés doivent avoir une utilité dans le projet d’entreprise : financer un nouveau produit, de nouveaux développements, améliorer ou modifier l’outil de production, toujours dans le but de consolider les parts de marché ou d’en gagner de nouvelles. Excepté le cas particulier de l’investissement en phase de « retournement » (financer pour permettre un redressement, mais en réalité les objectifs sont les mêmes que dans les autres investissements et la potentialité doit être la même, seul change l’environnement financier et parfois juridique dans lequel l’investissement est fait), un investisseur n’investira pas pour financer une trésorerie déficiente ou colmater une brèche dans le budget. C’est le rôle du banquier qui peut alors accorder un financement adapté.

Autre étape majeure dans le processus, c’est celui de l’évaluation de l’entreprise. A cet égard, à moins de métiers spécifiques dans lesquels existent des usages ou des méthodes de référence de valorisation, il est préférable de privilégier une approche multicritères. Le soutien d’un expert financier est hautement souhaitable pour justifier la méthode retenue pour la valorisation. Nul doute que l’investisseur, s’il est intéressé, aura à cœur de discuter cette valorisation et d’en obtenir toutes les justifications possibles.

Viendra ensuite le temps de la formalisation juridique du rapprochement qui suit les différentes phases classiques : lettre d’intention ou terme sheet, audit de l’entreprise, protocole d’accord et souvent garantie d’actif et de passif ou, à tout le moins, des déclarations de bonne foi permettant à l’investisseur d’être rassuré sur la réalité de l’entreprise dans laquelle il investit.

Lorsque l’on atteint le stade, même préparatoire, de la formalisation juridique, l’investisseur est, en général, déjà convaincu du bien fondé de sa participation, à moins que son audit ne révèle des points négatifs majeurs.