Les 15 et 16 septembre, l’édition 2018 des Journées européennes du patrimoine célèbrera le patrimoine sous toutes ses formes. Intéressons-nous à celui des entreprises françaises labellisées (EPV) pour l’excellence de leur savoir-faire.

Des millions de Français profiteront des Journées européennes du patrimoine pour visiter les nombreuses animations proposées dans les 17 000 sites ouverts en France. Un loto du patrimoine organisé pour la première fois cette année, semble d’ores et déjà suscité un large engouement. Le patrimoine passionne. Celui des entreprises aussi.

Le label des Entreprises du Patrimoine Vivant (EPV), distinction d’Etat créée en 2005, est décerné selon des critères rigoureux. Les lauréates doivent notamment détenir des équipements ou des droits de propriété industrielle, un savoir-faire d’excellence, et être implantées au même endroit depuis au moins cinquante ans. Des atouts techniques et une tradition manufacturière qui valorisent ces EPV lors d’une transmission. A tel point que des repreneurs ciblent précisément ces entreprises. A contrario, les cédants sont généralement sélectifs quand au choix du repreneur. «On ne cède pas une EPV comme une autre entreprise, souligne Luc Lesénécal, Président des Tricots Saint-James. Souvent les cédants souhaitent transmettre l’entreprise à leurs enfants ; ce qui n’est pas toujours faisable. Leur préoccupation est de conserver l’âme de l’entreprise, de faire en sorte que les actionnaires soient en majorité les membres de la famille fondatrice ou des salariés.»

Préserver l’ADN de l’entreprise

Après 24 années à la direction générale de la coopérative Isigny- Sainte-Mère, ce cinquantenaire alerte ressent l’envie de devenir son propre patron. Attaché à sa Normandie, il recherche une entreprise locale dont le savoir-faire et l’excellence sont reconnus. La vénérable maison de chandails, nichée dans le petit village normand éponyme, à quelques encablures du Mont Saint-Michel, répond à ses attentes. «L’entreprise Saint-James a été cédée une première fois par la famille Bonte en 1990 dans le cadre d’un rachat par les salariés. Ce fut l’un des premiers RSE en France, ce qui a évité l’entrée redoutée de fonds de pension dans le capital». En 2013, Luc Lesénécal reprend à son tour l’entreprise Saint-James avec le même état d’esprit : préserver l’ADN familial de l’entreprise, le label EPV et les emplois locaux.

Une forte identité régionale

Chantre de l’excellence «Made in France» dont la célèbre marinière est le symbole, Luc Lesénécal est élégamment président de l’Association Nationale des Entreprises du patrimoine Vivant (ANEPV). Sa mission est de fédérer les EPV au niveau national et régional et de les accompagner dans leur développement. «La problématique de la transmission des EPV est en premier lieu, le transfert de savoir-faire». Les repreneurs d’EPV doivent, à leur tour, garantir cette exigence de formation et de continuité par le recrutement. «Les EPV offrent de formidables leviers de croissance que sont l’exportation et le tourisme des savoir-faire, constate Luc Lesénéchal. Elles portent une forte identité régionale, un réel atout à l’exportation

En attendant de rayonner à l’étranger, les quelque 1400 entreprises du patrimoine vivant sont à (re)découvrir partout en France, notamment lors de ce week-end dédié au patrimoine.