Un mariage choleto-irlandais

L’entreprise d’ingénierie Cadegeau, à Saint-Macaire-en-Mauges, vient d’être reprise par le groupe irlandais FLI. Une opération facilitée par l’association CRA et son délégué choletais.

Sur la table, pas un brin de whisky. Tant pis pour les clichés. C’est avec quelques bulles qu’a été scellée l’affaire, ce mardi, en fin d’après-midi, dans les locaux de la CCI de Cholet.
Quelle affaire? Une affaire pas si commune : la cession d’une TPE locale de six salariés, Cadegeau, basée à Saint-Macaire-en-Mauges, surtout, et à Doué-la-Fontaine, à un groupe irlandais, FLI, ancré au sud est de l’île, mais présent en Angleterre,
en Chine et en France, déjà, du côté de Tours. Un mariage européen entre un petit (450 000 € de chiffre d’affaires) et un gros (140 millions), dont le principal témoin est choletais. Il s’agit de l’association Cédants et repreneurs d’affaires (CRA).
Pour cette dernière, c’est une habitude.
Présente dans tout l’Hexagone, et même un peu en dehors, la CRA est ce qu’on appelle un facilitateur.
Le chaînon manquant entre les cédants d’entreprises et de potentiels repreneurs. La solution idoine, à écouter Guillaume Tamisier, fondateur de Cadegeau, en 2004, et désormais ex-propriétaire de ce cabinet d’études, spécialisé dans l’ingénierie de l’eau, du sol et de l’environnement. « C’est un projet que j’avais en tête depuis l’an dernier, explique l’intéressé. La gestion d’une petite entreprise est lourde. Il y a beaucoup de charges administratives, juridiques, comptables, en termes de ressources humaines… J’arrivais à bout, vis-à-vis de ces charges. J’ai souhaité faire appel au CRA. »
Ça tombe bien, en parallèle, du côté de chez FLI (220 salariés dont 25 dans la filiale FLI France), l’idée germe de développer son activité en France.
Surtout quand elle rime avec la dépollution et l’environnement, le groupe s’étant fait la spécialité
de s’occuper du traitement de l’eau, de terrains contaminés… Le contexte s’y prête, aussi, rappelle Jean Morel, en charge du développement et de l’innovation pour FLI France. Deux lois portant sur le logement, les lois Alur et Elan, doivent faciliter « la viabilisation des friches industrielles et la densification des habitats », selon Guillaume Tamisier.
Une porte ouverte aux « études et travaux de sol et de dépollution ».
Ça, c’est pour le fond. Mais pour la forme : comment marier la TPE au groupe mondial ? C’est là qu’intervient le CRA, fort d’un réservoir de 700 cédants et 1 300 repreneurs en France. Reste à jouer les entremetteurs.
« Nous faisons attention aux personnes, aux objectifs, aux attentes, pose Jean-Pierre Brousseau, délégué de l’association dans le Choletais. Il faut aussi qu’il y ait du feeling.»
Sans oublier la garantie de moyens financiers, d’une continuité de l’entreprise. «Le mot groupe peut faire peur, mais nous sommes une réunion d’entreprises familiales, commente Jean Morel. Notre idée est de faire grandir ces entreprises, pas d’en tirer profit. »

Qui pour diriger l’ensemble, rebaptisé FLI Cadegeau?
Guillaume Tamisier, qui troque sa casquette de propriétaire, mais pas celle de patron. «Forcément, il y a des concessions, dit-il. Mais ça me donne l’opportunité de faire plus de choses, par exemple de me consacrer au développement de la clientèle. »
De quoi faire grossir les effectifs ? C’est l’objectif.
Alexandre BLAISE – Courrier de l’Ouest