Vous avez envie de vous lancer dans la création ou la reprise d’une entreprise, vous avez l’âme d’un entrepreneur, des compétences solides en gestion et en management, et enfin des moyens financiers (au moins 250 K€).
Vous désirez vendre des produits (ou des services) bénéficiant d’une image de marque, être aidé et conseillé sur les techniques de vente, évoluer en fonction du marché. Vous souhaitez maintenir vos compétences et celles de vos collaborateurs par une formation continue, bénéficier de l’émulation (voire de l’entraide) d’un réseau et partager les expériences des autres points de vente.
Vous ne voulez pas être seul, ni vous investir dans une étude de marché et une analyse stratégique coûteuses.

Alors, vous êtes fait pour intégrer un réseau de franchise.
Afin de vous aider dans votre démarche, nous vous proposons d’examiner les « points clés » à connaître avant de prendre contact avec un réseau de franchise.

PrincipeLe contrat qui lie le franchiseur et le franchisé est un contrat de distribution de nature exclusivement commerciale entre le franchiseur et un commerçant indépendant (chaque point de vente est juridiquement et financièrement indépendant et responsable).
Aux termes de l’agrément, le franchiseur met à la disposition du franchisé sa marque, son enseigne, ses produits, son savoir-faire et son assistance technique et commerciale, en contrepartie du versement des droits contractuels.

FonctionnementLes franchiseurs soumettent leurs candidats à un cursus d’intégration et de formation au cours duquel seront jugées les aptitudes (comportementales, financières, commerciales, techniques, etc..) du candidat.Ce cursus est sanctionné par une décision du franchiseur sur l’acceptation ou non du candidat (agrément).
Pour avoir le droit d’accéder à l’enseigne (et a son savoir-faire), le candidat agréé devra s’acquitter d’un droit d’entrée (environ 20 Keuros).
Plus tard, lorsqu’il voudra créer ou reprendre un point de vente, il devra signer un contrat de franchise (et s’acquitter du droit d’usage)
Enfin, il devra payer des redevances sur l’activité de son point de vente (de 0,5 à 15% du ca HT).

Les modalités d’information des candidats par le franchiseur sont régies par la Loi Doubin et chaque candidat doit obtenir en contrepartie de la signature du document précontractuel (dit document Doubin), une information complète et loyale de la part du franchiseur.

Avantages et inconvénients
Avantages pour le franchisé :

– Il reste un commerçant indépendant, maître d’œuvre et responsable de sa gestion et de l’évolution de son activité. Il n’a pas de lien hiérarchique avec le franchiseur.

  • Les produits, la marque, l’enseigne, sont déjà connus par la clientèle.
  • La transmission du savoir-faire et l’assistance technique du franchiseur lui sont dues.
  • La notion de réseau permet le partage des expériences réussies et l’analyse des causes d’échecs ponctuels.
  • De nombreux franchiseurs ont développé un système de centrale d’achat qui permet aux franchisés de s’approvisionner à meilleur compte.
  • L’exclusivité territoriale (le franchiseur s’engage à ne pas ouvrir ni à laisser ouvrir d’autres points de vente dans un rayon donné).

Inconvénients :

– Versement d’un droit d’entrée, d’un droit d’usage (contrat de franchise) et d’une redevance (commission sur ventes)

  • Engagement de respect des règles et normes du franchiseur.
  • Limitation de l’activité à celle définie par le franchiseur (exclusivité)
  • La confidentialité (le franchisé est tenu de ne pas diffuser le savoir-faire de l’enseigne)

Comment choisir son réseau ?

Le choix du réseau est pour le candidat franchisé un engagement à long terme et non négociable : une fois le contrat signé, le choix est de se soumettre au contrat du franchiseur ou de se démettre.

Il est donc impératif de bien choisir son franchiseur en se posant les bonnes questions (en plus de celles relatives à toute acquisition) :

– Quel est mon domaine de compétences et d’affinités ?

  • Quelles sont la réputation et la notoriété de la marque du franchiseur envisagé ?
  • Quel est le marché des produits ou services proposés (demande, concurrence. etc.) ?
  • Quelle est l’aptitude réelle du franchiseur à faire évoluer l’offre en fonction du marché ?
  • Quelles sont la nature et la qualité de l’assistance du franchiseur ?
  • Quels sont les coûts directs et indirects, et quelles en sont les contreparties ?
  • Quelle est la rentabilité moyenne des points de vente et précisément celle du point de vente envisagé (la marge dégagée doit rentabiliser l’investissement et assurer la rémunération du travail du franchisé), quelle est l’évolution prévisible de la rentabilité ?

Différents types de franchise

La cour de Justice des Communautés Européennes a distingué, par son arrêt du 28/1/1986), 3 types de franchises :

– Le contrat de franchise de service par lequel « le franchisé offre un service sous l’enseigne, le nom commercial, voire la marque du franchiseur, et en se conformant aux directives de ce dernier »

  • le contrat de franchise de production en vertu duquel « le franchisé fabrique lui-même, selon les indications du franchiseur, des produits qu’il vend sous la marque de celui-ci »
  • le contrat de franchise de distribution en vertu duquel « le franchisé se borne à vendre certains produits dans un magasin qui porte l’enseigne du franchiseur »

Conclusion

La franchise n’est ni la panacée, ni la pire des choses.
C’est un mode de fonctionnement médian entre le commerce totalement indépendant et le salariat.
Elle permet de limiter de manière significative les risques stratégiques de l’entreprise notamment ceux liés à l’évolution du couple « produits/marché ». Elle offre la sécurité d’une notoriété (nationale, en général) et l’avantage d’une communication (façades, publicité..) homogène, ainsi que l’émulation d’un réseau (plus ou moins solidaire) et des économies d’échelle dans la chaîne des achats.

Chacun jugera selon sa personnalité et son projet du poids relatif des inconvénients et des avantages d’un système organisé et structuré par rapport à l’indépendance totale.