Vivre son rêve d’indépendance tout en limitant les risques, la reprise d’entreprise est de plus en plus dynamique, notamment en région lyonnaise.
1. C’est le moment de reprendre
« Avec le papy-boom, on assiste à un changement de génération. Il y a de belles affaires à reprendre », constate Bernard Fraioli, le président de l’association des Cédants et repreneurs d’affaires (CRA). Selon le panorama des cessions et reprises d’entreprises 2018 de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Lyon Métropole, 76 % des cédants ont entre 55 et 65 ans ; et un tiers de ces activités réalisent plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires annuel.
Le motif de départ en retraite du dirigeant connaît une nette hausse et constitue le principal motif de cession : 68 % en 2018, contre 58 % en 2016.
« L’environnement fiscal actuel est aussi intéressant. Les mesures sur l’Impôt sur la fortune (ISF), l’imposition sur les plus-values, les assouplissements de la loi Pacte. Les voyants de la transmission sont au vert », estime Bernard Fraioli. Sans oublier les taux d’intérêt très bas qui facilitent le financement d’un rachat.
2. C’est accessible et facile à trouver
S’il n’y a pas de profil type du repreneur, le CRA constate que la majorité a eu une expérience à responsabilité par le passé. « Les repreneurs ont en moyenne 45 ans et sont diplômés du supérieur. Mais ce serait réducteur et l’on omettrait les reprises de belles affaires artisanales, notamment par des autodidactes », ajoute Bernard Fraioli. Selon les statistiques de son association, les repreneurs sont issus d’école de commerce (26 %), d’école d’ingénieur (32 %), d’autres diplômes à Bac + 5 (25 %), Bac + 3 (12 %) et tout de même 5 % d’autodidacte.
Par ailleurs, s’il était compliqué  d’identifier une entreprise à reprendre par le passé, de nombreux outils permettent aujourd’hui de les trouver. « Des places de marché en ligne ont vu le jour et le recoupement de bases de données sur les résultats financiers permet d’effectuer une recherche active pour identifier les marchés cachés », assure le président du CRA.
3. Les banques financent plus facilement les reprises
La banque prête sur la base d’éléments connus et non-promis comme dans le cas d’une création. Il faut néanmoins  apporter des garanties et des fonds propres, « un apport d’au minimum 30 % en général », note Bernard Fraioli. « Si
le risque est un peu plus élevé, la banque va demander l’appui d’une autre banque ou appeler des garanties auprès de la Banque publique d’investissement (BPI) par exemple. »
4. On rachète de l’existant
Clientèle, fournisseurs, matériels, locaux, patrimoine, salariés…
Quand on reprend, tout existe déjà. « Le risque n’est pas le même que lors d’une création où il faut tout faire. Si la  reprise coûte plus cher au début, les risques sont limités. Lors d’une création, il y a très peu d’élus.»
Et c’est bien ce qui constitue le principal argument auprès du banquier. Bernard Fraioli ajoute que « les opportunités de développement sont plutôt fortes aussi actuellement ».
« La transformation numérique et le développement durable ouvrent des possibilités de transformations et  développement des boîtes. »
5. Le repreneur est souvent accompagné par le cédant
En général, cédant et repreneur vont travailler main dans la main quelques mois. Il en va de la réussite
de la transmission. Cet accompagnement fait partie de la négociation au moment de la vente.
« Il dure au minimum trois mois en général », observe Bernard Fraioli.
« Le cédant présente les fournisseurs et les clients. L’aide se traduit essentiellement par le fait que le vendeur donne des conseils à l’acheteur. »

Le progrès – Est Lyonnais – 11 juin 2019