Le décret détaillant les mesures annoncées par le gouvernement le 18 juin dernier devrait être finalisé dans les jours qui viennent. L’une de ses mesures phares, qui inquiète beaucoup les salariés ayant un projet de reprise ou de création, concerne l’instauration d’une dégressivité des allocations versées, au-delà du sixième mois d’indemnisation. Cette dégressivité est-elle, comme beaucoup le pensent, un coup fatal porté à la reprise d’entreprise par les demandeurs d’emploi ? Pas nécessairement.

Le premier point à souligner est que cette mesure ne sera pas rétroactive.

Les repreneurs déjà inscrits comme demandeurs d’emploi au 1er novembre, ainsi que ceux dont la procédure de licenciement aura été engagée à cette date, continueront à relever de l’ancien dispositif.

Pour les autres, concrètement : si votre salaire de référence excédait 4.500 euros bruts par mois (54.000 euros bruts sur vos douze derniers mois, toutes primes et avantages inclus), votre ARE (allocation mensuelle versée par Pôle Emploi) sera amputée de 30% dès le septième mois de versement. En se plaçant au plus défavorable, c’est-à-dire pour un chômeur au plafond (pour mémoire : environ 7.300 euros nets par mois), le capital sur lequel vous comptiez pour votre projet se trouvera amputé de 43.800 euros si vous avez moins de 50 ans au moment de votre inscription à Pôle Emploi, et jusqu’à 73.000 euros si vous avez 55 ans ou plus. Si votre ARE est inférieure au plafond, une simple règle de trois à partir des chiffres ci-dessus vous permettra de trouver le montant dont votre capital s’est allégé. Et si vous avez plus de 57 ans, vous serez épargné par la dégressivité de l’ARE !

Ces montants sont loin d’être négligeables.

Faut-il pour autant renoncer à votre projet ? si votre apport personnel était déjà peu important, sans doute faudra-t-il refaire vos comptes et réfléchir à deux fois avant de vous lancer. Dans le cas contraire, et sachant qu’une décision d’entreprendre doit reposer sur une envie et pas sur l’existence d’aides, ne renoncez pas ! Persistez dans votre projet, en redoublant de détermination, et de vigilance quant à son délai de réalisation, plus que jamais essentiel. Commencez à travailler votre cadrage et votre ciblage en amont de votre départ de votre poste salarié, prenez autant d’avance que possible. Et, dès cette étape clé et jusqu’à l’aboutissement de votre projet, faites-vous accompagner. Seul un accompagnement individuel rapproché vous garantira le maintien d’un rythme soutenu tout au long de votre parcours, le gain de temps sur la courbe d’apprentissage de chaque étape, la focalisation rapide sur les cibles correspondant à votre projet.

Pour toute question, n’hésitez pas à écrire à p.carron@rhpresence.eu