JEAN-FRANÇOIS ET VERONIOUE RONDELLI, REPRENEURS D’EMBAL’VIT

 

Voilà une entreprise qua n’aura jamais aussi bien porté son nom… Repreneurs en septembre 2021 de la société Embal’Vit (3,5 M euros de CA, 8 personnes), spécialiste de I’emballage et du conditionnement sur la métropole rémoise, Jean-François et Véronique Rondelli auront mis tout juste 5 petits mois entre le premier rendez-vous avec les cédants et la signature du protocole. Une reprise éclaire réalisée grâce à l’entremise et l’accompagnement de la délégation rémoise du CRA qui permet à cette affaire familiale de la deuxième génération de sécuriser sa transmission.

Si la reprise fut éclair pour les cédants Philippe et Isabelle Chaumont, le processus de transmission, lui, aura duré 18 mois avant la rencontre providentielle avec les repreneurs. Désireux à l’approche de la soixantaine de transmettre l’affaire familiale créée par le père d’Isabelle en 1976 et reprise 20 ans plus tard par sa fille et son gendre – les deux filles des cédants ont choisi des voies différentes – ces derniers se sont tournés vers la délégation Champagne-Ardenne du CRA menée par Chantal Gentilhomme-Daubré et Marie Floquet pour leur trouver des successeurs.

Sur les 36 marques d’intérêt reçues par Chantal et suite à l’envoi du dossier d’affaire, anonyme, qui présentait l’organisation et les chiffres des trois dernières années, une dizaine de profils de repreneurs correspondant aux attentes du couple ont été validés et ont donné lieu à des rendez-vous de présentation avec les cédants. Lorsque Jean-François et Véronique Rondelli adhèrent au CRA en mars 2021, les pourparlers
des cédants avec des candidats repreneurs, dont un groupe industriel, sont donc engagés depuis plusieurs mois sous la houlette des délégués du CRA.

Mais Chantal Gentilhomme sent immédiatement que les deux couples doivent se rencontrer, tant leurs valeurs sont communes. Suite à des problèmes de santé qui ont obligé Véronique à donner un rein à son mari pour le sauver, Jean-François Rondelli, déjà repreneur d’une autre société, Kit-Bag, dix ans plus tôt, souhaite associer sa femme à un nouveau projet de vie professionnel pour le couple. Une première présentation entre cédants et repreneurs a lieu le 30 avril 2021 et Chantal a vu juste, le coup de foudre est immédiat et tout s’accélère. Convaincus « au premier regard » de vouloir confier l’avenir de leur entreprise à cet autre couple, Philippe et Isabelle Chaumont
installent dans leurs fauteuils le 30 septembre 2021 Jean-François et Isabelle Rondelli à l’issue d’une négociation éclair de 5 mois.

Vous n’étiez pas des repreneurs du métier. Qu’est-ce qui a fait la différence aux yeux des cédants ?

En effet, ce n’est pas notre connaissance du métier qui a fait la différence. Mon épouse est sage-femme et de mon côté j’ai déjà repris une affaire de 2 Meuros de CA et 6 salariés il y a une dizaine d’années, mais spécialisée dans les grands sacs pour le bâtiment. Je pense que ce fut un coup de foudre réciproque. Les cédants avaient déjà reçu des propositions, notamment de la part d’un groupe industriel, mais ils ont préféré vendre à un autre couple. Lui assurait la partie technique, elle l’administratif. Ils se sont reconnus dans le couple que nous formons avec Véronique et ont privilégié la continuité et la sécurité. Deux repreneurs locaux de Reims étaient plus rassurants que la reprise par un groupe industriel dont on peut toujours craindre qu’ils ne démantèlent ou délocalisent l’entreprise reprise.

Le fait de reprendre en plein épisode covid a-t-il été une difficulté supplémentaire ?

Non, car l’entreprise, bien positionnée sur sa niche de marché de la fourniture de solutions d’emballage – machines, robots et films plastiques – pour les entreprises a été très peu impactée par la crise sanitaire. L’exercice 2021 sera même en progression par rapport à 2019. Saine et dotée d’une trésorerie confortable, l’entreprise n’a pas connu de creux et c’est pourquoi nous avons pu négocier sa reprise dans un temps record.

Reste qu’un repreneur personne physique est toujours considéré comme moins solvable qu’un acheteur industriel. Comment avez-vous rassuré vos cédants sur ce point ?

Nous venions de vendre un local ce qui nous a permis de disposer tout de suite d’un apport significatif et de financer le rachat de l’immobilier qui était bien placé. Cet élément a été rassurant pour les banques, de même que mon parcours de repreneur de Kitbag depuis dix ans. Nous avons donc été suivis par les banques mais nos cédants ont néanmoins dû attendre la position définitive de notre pool bancaire alors qu’ils avaient en face un groupe industriel en capacité de financer immédiatement la reprise.

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