Partenaire de Bpifrance, le C.R.A contribue à la nouvelle Bourse de la Transmission en y diffusant ses opportunités de reprise dans l’industrie, les services, le BTP et le négoce.
Accueil > S'informer > Blog > Reprise > Garantie d’actif et de passif (GAP) : rôle, clauses et négociation
Lors d'une reprise d'entreprise, le repreneur souhaite s'assurer qu'aucune dette ou aucun risque antérieur ne viendra remettre en cause la valeur de l'entreprise après la signature. Le repreneur acquiert une société avec ses actifs, ses contrats et ses salariés, mais aussi avec son histoire et les risques qui peuvent en découler.
Après la reprise, une dette fiscale, sociale ou commerciale dont l’origine est antérieure à l’opération peut être révélée. Un actif peut également avoir une valeur inférieure à celle présentée dans les comptes de référence.
La garantie d’actif et de passif, couramment appelée GAP, définit les conditions dans lesquelles ces situations pourront être prises en charge par le cédant. Elle protège le repreneur contre certains risques antérieurs à la cession, tout en protégeant le cédant grâce à un engagement précisément délimité dans son montant, sa durée et ses modalités d’application.
La GAP complète les audits réalisés avant la reprise, mais ne les remplace pas. Elle doit être négociée et rédigée avec l’aide des conseils juridiques des parties.
La garantie d’actif et de passif est un engagement contractuel généralement négocié lors de la reprise des titres sociaux d’une entreprise, c’est-à-dire de ses parts sociales ou de ses actions.
Elle peut couvrir deux types de situations.
La garantie de passif concerne la révélation ou l’augmentation d’une dette dont l’origine est antérieure à la reprise. Il peut s’agir, par exemple, d’un redressement fiscal portant sur un exercice antérieur, d’un litige social ou d’une dette qui n’avait pas été comptabilisée.
La garantie d’actif peut intervenir lorsqu’un actif présenté au moment de la reprise se révèle inexistant, surévalué ou déprécié. Une créance considérée comme recouvrable peut, par exemple, devenir définitivement irrécouvrable en raison d’une situation antérieure à l’opération.
La GAP ne constitue pas une garantie générale contre tous les aléas rencontrés après la reprise. Son application dépend précisément :
Elle ne garantit pas non plus les performances futures de l’entreprise ou la réalisation du business plan du repreneur.
La garantie d'actif et de passif peut notamment traiter les conséquences d’un risque fiscal, social, comptable, juridique, environnemental ou commercial dont l’origine est antérieure à la reprise.
Selon l’activité et les résultats des audits, elle peut concerner :
La garantie doit toutefois distinguer les risques inconnus au moment de la reprise des risques déjà identifiés pendant les audits. Un risque connu peut faire l’objet d’une garantie spécifique, d’un ajustement du prix ou d’un autre mécanisme négocié entre les parties.
En savoir plus sur l'étape consacrée à la réalisation des audits.
Le montant approprié découle généralement de négociations entre les parties. Il doit être soigneusement évalué en tenant compte des risques spécifiques à chaque transaction et des objectifs de protection financière du cessionnaire.
Le cessionnaire et le cédant doivent évaluer attentivement les risques potentiels associés à l'entreprise cible. Cela inclut l'identification et l'analyse des passifs existants ainsi que la prévision des risques futurs.
Le type de structure, son secteur d'activité et sa situation financière peuvent influencer le montant de la garantie de passif. Par exemple, une société opérant dans un secteur à haut risque peut nécessiter une garantie de passif plus élevée.
Les transactions complexes impliquant plusieurs parties, des actifs internationaux ou des réglementations spécifiques peuvent nécessiter une garantie de passif plus importante pour couvrir les risques accrus.
Les résultats de la diligence raisonnable peuvent également orienter le montant de la garantie de passif. Si des passifs importants sont découverts lors de ce processus, le cessionnaire peut demander une garantie plus élevée pour se protéger contre ces risques.
Dans certains cas, un montant fixe est convenu entre l’acquéreur et le vendeur pour la garantie de passif. Ce montant peut être basé sur une estimation des passifs potentiels ou sur des critères spécifiques à l'entreprise.
Une autre approche consiste à déterminer le montant en fonction d'un pourcentage du prix d'achat de l'entreprise. Ce pourcentage peut varier en fonction des facteurs de risque et des conditions de la transaction.
Les transactions impliquant des éléments complexes tels que des actifs internationaux ou des réglementations spécifiques peuvent nécessiter un montant de garantie de passif plus important. Les risques associés à ces facteurs sont souvent plus élevés, justifiant ainsi une couverture plus robuste.
Si la société a un historique de litiges en cours ou de conflits juridiques potentiels, il est prudent d'établir un montant de garantie de passif plus élevé pour couvrir ces risques. Cela permet à l'acheteur de se protéger contre d'éventuelles dépenses judiciaires ou obligations de règlement.
En revanche, dans le cas d'une entreprise bien établie, il peut être justifié d'établir un montant de garantie de passif plus bas. En effet, le fait qu’elle jouisse d'un historique de performance financière stable et d'une réputation solide, les risques sont moindres. L'acheteur reste bénéficiaire d'une couverture de passif plus modeste tout en maintenant un niveau approprié de protection financière.
Cédez ou reprenez une entreprise avec succès !
Accédez à des ressources essentielles et un réseau d'experts pour vous accompagner dans votre projet.
Rejoignez l'Association des Cédants et Repreneurs d'Affaires dès aujourd'hui et transformez votre ambition en succès entrepreneurial.
La garantie de passif comporte plusieurs clauses essentielles pour encadrer les droits et les obligations des parties impliquées. Voici un aperçu des clauses généralement mise en place :
Cette clause fait référence à des dates. Elle spécifie la période pendant laquelle la garantie de passif est en vigueur après la conclusion de la transaction. Elle varie généralement de six mois à deux ans. Toutefois, elle peut être négociée selon les circonstances de la transaction et de la nature des risques potentiels.
La clause de montant définit le plafond au-dessus duquel le cédant est tenu d'indemniser le repreneur pour les pertes découlant des actifs et des passifs couverts par la garantie. Comme mentionné plus haut, cette somme est généralement fixe ou exprimée en pourcentage du prix d'achat de la société lors de la négociation du contrat. Des plafonds distincts peuvent également être prévus pour certains risques particuliers.
Le contrat peut aussi comporter un seuil de déclenchement ou une franchise afin d’écarter les réclamations de faible montant ou de laisser une partie du préjudice à la charge du bénéficiaire.
Cette clause établit les obligations des parties en matière de déclaration et de notification des réclamations liées aux actifs et aux passifs couverts par la garantie. Elle précise notamment les délais et les modalités selon lesquels le repreneur doit notifier au cédant toute réclamation potentielle, ainsi que les informations et les justifications nécessaires pour étayer cette réclamation.
Lorsqu’un contrôle fiscal, social ou un litige avec un tiers intervient, la clause peut permettre au cédant d’être informé et de participer au traitement du dossier. Le respect de cette procédure est essentiel pour le repreneur comme pour le cédant.
La clause de cession détermine dans quelles circonstances la GAP peut être cédée à un tiers, tel qu'un prêteur ou un investisseur. Elle peut également préciser les conditions auxquelles une telle cession est soumise comme la date de début et de fin des obligations de cession.
Cette disposition établit les modalités de compensation lorsqu’un actif ou un passif couvert par la garantie entraîne un préjudice. Elle peut prévoir des recours spécifiques, tels que :
Le contrat peut également inclure d'autres dispositions spécifiques en fonction des besoins et des exigences des parties, telles que :
La négociation et la rédaction de ces clauses requièrent souvent l'assistance de conseillers juridiques spécialisés. Elle favorise une garantie une protection adéquate pour toutes les parties impliquées dans la transaction.
La garantie de passif est cruciale dans les transactions commerciales et les fusions-acquisitions. Grâce à la mise en place de clauses bien définies, vous sécurisez vos investissements. En cherchant des conseils spécialisés et en suivant les tendances émergentes, vous assurez le succès de vos projets futurs. D’ailleurs, la Garantie d'Actif et de Passif (GAP) offre une approche plus complète, couvrant à la fois les actifs et les passifs de l'entreprise cible. Cela étend la protection pour toutes les parties impliquées, créant ainsi une solution plus intégrée aux risques dans les transactions commerciales.
Partenaire de Bpifrance, le C.R.A contribue à la nouvelle Bourse de la Transmission en y diffusant ses opportunités de reprise dans l’industrie, les services, le BTP et le négoce.
Avant de signer la reprise d'une entreprise, l'audit peut révéler des risques majeurs. Découvrez les enseignements tirés par une repreneuse après un projet finalement abandonné.
Avant de signer la reprise d'une entreprise, l'audit peut révéler des risques majeurs. Découvrez les enseignements tirés par une repreneuse après un projet finalement abandonné.